En méthanisant ses eaux usées, la station d’épuration de Marseille produit du biogaz 100 % renouvelable. Depuis janvier, l’installation alimente la chaufferie d’un ensemble de logements sociaux, sans impact sur la facture d’énergie des résidents.

En tirant la chasse de nos toilettes, serions-nous en train de gaspiller de l’or brun ? Peu à peu, les collectivités équipent leurs stations d’épuration de méthaniseurs. Ces dispositifs récupèrent les « boues » issues du traitement des eaux usées pour les transformer en gaz naturel renouvelable. Un système qui permet de valoriser ces déchets en réduisant les émissions de CO2 et en générant quelques revenus.

La plus grande unité de méthanisation de ce genre en France a été inaugurée en février 2019 à Marseille. Proche du parc national des Calanques, la station traite les effluents de plus de 870 000 habitants avant rejet à la mer. Elle épure 78 millions de m³ d’eaux usées d’où elle extrait plus de 10 000 tonnes de « boues » chaque année. En exploitant ce résidu, l’unité de méthanisation produit 3,8 millions de NM ³ de biogaz.

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Double valorisation pour les boues

Au terme d’un processus de filtration et de mise aux normes, l’énergie est injectée sur le réseau public de gaz naturel. Entre 4000 et 5000 personnes en bénéficient sans s’en rendre compte depuis janvier 2021. Logées dans les 1319 appartements de la cité HLM de la Soude, leur bailleur achète directement le biogaz à la station, située à quelques kilomètres. La chaudière centrale fournit les habitants en chauffage et eau chaude neutre en carbone, sans impact sur leur facture grâce à un accord-cadre.

Après avoir réchauffé les résidents, les « boues » d’épuration de Marseille connaissent une ultime valorisation. Totalement desséchés, ces résidus d’excréments et autres fluides corporels sont transportés en train jusqu’au centre de traitement multi-filière de Fos-sur-Mer. Ils y sont incinérées parmi les ordures ménagères, en générant de l’électricité.