Malgré les apparences, la transition énergétique n’a pas été mise à l’arrêt sous le premier mandat de Trump. De nombreux projets durables ont vu le jour aux quatre coins de l’Amérique. Et le nouveau mandat présidentiel, qu’il soit républicain ou démocrate, va inéluctablement être le témoin d’une accélération des projets renouvelables.

Donald Trump avait clamé haut et fort que le secteur du charbon retrouverait des couleurs, mais les Etats-Unis n’ont jamais fermé autant de centrales au charbon que pendant ces quatre dernières années.

Rien qu’au cours de la dernière décennie, la production électrique issue du charbon a chuté de 30 à 50%. Par ailleurs, le secteur des énergies renouvelables est en forte croissance. « Il ne faut pas prendre au pied de la lettre ce qui se dit à Washington sur le charbon » déclarait l’an dernier Frank Demaille, patron d’Engie aux Etats-Unis.

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En mai 2019, l’organisation écologiste Sierra Club avait déjà recensé 50 fermetures de centrales thermiques au charbon depuis l’investiture de Trump, et 51 autres ont annoncé qu’elles fermeraient bientôt. Depuis 2010, pas moins de 289 centrales  ont engagé leur fermeture.


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Le soleil et le vent, sources d’énergie les moins chères

Ce constat n’est pas le résultat d’une politique plus verte, mais simplement d’une réalité économique : produire des kilowattheures avec du gaz ou des énergies renouvelables est maintenant moins cher qu’avec du charbon.

Mais surtout, le secteur des renouvelables est devenu une source importante de revenus et d’emplois dans les Etats ruraux. Plusieurs d’entre eux bénéficient de grands espaces et d’un ensoleillement important, des conditions idéales pour installer des parcs éoliens et des centrales solaires.

La Californie n’est plus le seul Etat à viser la neutralité carbone en 2045. Près de trente Etats ont adopté une stratégie pro-renouvelable en se fixant des objectifs ambitieux en termes de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre.


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De plus en plus d’Etats s’engagent d’ailleurs à produire à terme une électricité totalement décarbonée, et certains d’entre eux, ainsi que de nombreuses entreprises, ont pris l’engagement de compenser le retrait de Donald Trump de l’accord de Paris.

Gina Raimondo, gouverneure du Rhode Island, s’est ainsi fixée comme objectif de répondre à 100% de la demande d’électricité de l’Etat avec des sources d’énergie renouvelables d’ici 2030. Elle vient de lancer un appel d’offres pour installer 600 MW d’éolien offshore au large de New-York.
Au Nevada, les électeurs viennent d’adopter en marge de l’élection présidentielle une motion qui va inscrire dans la constitution de l’Etat un objectif de 50% d’énergies renouvelables en 2030 dans le mix électrique.

De son côté, EDF Renouvelables a lancé la construction de cinq centrales solaires à Jacksonville en Floride pour une capacité totale de 310 MWc, alors que l’énergéticien français a inauguré en 2019 le parc éolien de Stoneray (Minnesota) d’une capacité de 100 MW.
Les exemples similaires ne manquent pas : à Holyoke, dans le Massachussetts, Engie a remplacé une centrale à charbon mise à l’arrêt par un parc solaire de 17.000 panneaux photovoltaïques.

Des émissions de CO2 en baisse

Bien que les Etats-Unis restent responsables de 15% des émissions globales de dioxyde de carbone de la planète, leurs émissions sont en baisse constante depuis 2005.

Source : Commission Européenne, Emissions CO2 – USA 1990-2017

Carl Pope, vice-président d’America’s Pledge, une initiative lancée en 2017 rassemblant des centaines d’entités non fédérales mobilisées pour accélérer leur transition énergétique, affirmait récemment :  « La transition américaine vers les énergies propres est désormais irrévocable ». Au lendemain de la décision de Donald Trump de quitter l’accord de Paris, seul l’Etat d’Hawaï s’était engagé à atteindre 100% d’électricité propre. Depuis lors, ils sont seize à viser cet objectif.

Pas d’angélisme

Quel que soit le résultat définitif de l’élection présidentielle, l’Amérique n’est pas près de devenir le modèle mondial en matière de durabilité. Les émissions de CO2 par habitant sont parmi les plus élevés au monde : en 2017, chaque citoyen américain émettait 14,6 tonnes de CO2 par an, contre 4,6 tonnes[1] pour la France, et 8,6 tonnes pour l’UE28. Champion toutes catégories : le Qatar, avec plus de 30 tonnes par habitant et par an !

Mais ne boudons pas notre plaisir : qu’elle soit promue par les lois du marché ou par une véritable politique environnementale, la transition est bel et bien en route aux Etats-Unis, et les progrès tangibles en matière de développement des énergies renouvelables en attestent.


[1] Source : DAES (Département des affaires économiques et sociales) de l’ONU (Organisation des Nations unies) et de l’AIE (Agence internationale de l’énergie), liée à l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques).