Une école primaire située à Etterbeek dans l’agglomération bruxelloise s’est équipée d’une installation photovoltaïque grâce au financement participatif des parents. L’objectif de l’opération est aussi pédagogique.

L’institut Sainte-Anne à Etterbeek n’est pas la première école désireuse d’équiper sa toiture d’une installation solaire afin de réduire sa facture énergétique. Pour financer l’investissement ces établissements s’adressent en général aux banques ou à un tiers investisseur. Une solution qui n’enthousiasmait pas le directeur de l’Institut Sainte-Anne, Alain Bonus. Son souhait était de créer autour du projet une dynamique locale, participative et pédagogique. « Une réflexion menée avec l’association des parents a débouché sur une proposition de financement participatif par les familles des élèves, via des prêts à taux zéro ou des dons» nous explique-t-il. Il fallait réunir 17.000 € pour installer 44 panneaux photovoltaïques sur le toit de l’école.

L’appel lancé via les cartables des enfants a connu un grand succès. Des parents, grands-parents et certains anciens élèves ont apporté 80 % de la somme nécessaire, dont 10.000 € de prêts et 3.000 € de dons. Le solde de 4.000 € a été pris en charge par l’école sur ses fonds propres. Les prêts (des parts de 100 €) seront remboursés en 5 ans grâce aux économies d’électricité et à la vente des certificats verts[1]. « J’avais un peu d’argent en banque », nous dit le papa de deux enfants qui fréquentent l’Institut Sainte-Anne, « actuellement cette somme ne rapporte presque plus rien. Je préfère donc la prêter pour ce beau projet ».

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Une partie des bénéfices engendrés par l’installation sera consacrée à mener différents programmes pédagogiques comme la création d’un potager, d’un compost, d’un poulailler et la réhabilitation d’une ancienne citerne d‘eau. L’installation photovoltaïque de l’école servira évidemment de support à l’initiation et la conscientisation des élèves aux questions énergétiques. Un grand écran installé dans les bâtiments permet aux enfants de visualiser la production et l’autoconsommation et de mesurer ce que représente l’énergie dans les activités de l’école. Les instituteurs en profitent aussi pour intégrer ces sujets dans les programmes des cours. « Au lieu de leur faire calculer la vitesse d‘un train, je leur demande de déterminer la consommation électrique d’un four à micro-ondes, d’une machine à café ou de l’éclairage d’une classe » nous dit l’un d’entre eux. L’exemple des prêts effectués par les parents et le calcul des économies faites sur les factures d’électricité peuvent aussi servir d’applications pratiques pour inculquer des rudiments d’économie.

Comme toute l’électricité produite par l’installation – sa puissance est de 12 kWc – n’est pas toujours consommée par l’établissement, Alain Bonus envisage de l’utiliser pour alimenter des bornes de recharge de vélos électriques que pourront utiliser les écoliers, leurs instituteurs mais aussi le voisinage.
Une idée qui s’inscrit dans le projet « Voisins d’énergie » lancé par l’APERe, une association belge de promotion des énergies renouvelables. Il s’agit d’utiliser la partie non autoconsommée d’une installation photovoltaïque pour alimenter des infrastructures collectives comme des bornes de recharge, une buanderie communautaire, etc.

L’APERe propose par ailleurs un accompagnement à toutes les écoles ou autres institutions qui voudraient s’inspirer du projet de l’Institut Sainte-Anne pour induire une démarche similaire.


[1] Le mécanisme des certificats verts est un système de soutien à la production d’électricité verte. Le propriétaire d’une installation reçoit un nombre de certificats pour chaque MWh produit. Il peut ensuite les vendre sur le marché à un prix minimum garanti.