Le coût de la production d’électricité par des installations solaires ne cesse de baisser. Il pourrait encore diminuer de 60% d’ici 2025, selon un rapport de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA). Quant à la dette énergétique engendrée par la fabrication des panneaux, elle est désormais remboursée après 2,5 ans à peine.

En 10 ans, le prix des panneaux solaires a chuté globalement de 80%. L’installation de 3 kilowatts-crète que l’on payait 13.500 € en 2008 coûte moins de 5.000 € aujourd’hui. Et grâce aux économies d’échelle, chaque doublement de la capacité installée permet de réduire le coût de 20%. Cette baisse du prix des panneaux a entraîné une chute du coût de production de l’électricité, ce qui a permis aux gouvernements de réduire le niveau de leurs subventions. Désormais, les grandes centrales solaires n’ont quasiment plus besoin de soutien financier pour être rentables.

En 2011,  l’ensemble des installations solaires raccordées au réseau électrique français représentait une charge pour les finances publiques d’environ 600 millions d’euros. Ce soutien était alors nécessaire pour rémunérer les investissements consentis par les producteurs d’électricité photovoltaïque. La réduction, voire l’arrêt des subventions permet de maintenir un coût du kWh attractif. Une bonne nouvelle pour les consommateurs.

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Moins de matière utilisée

L’explication de cette chute des coûts est multifactorielle. D’abord la politique des subsides pratiquée à l’échelle mondiale a engendré une forte demande, laquelle a permis aux fabricants d’améliorer les performances de leur chaîne de production. Ensuite, des matières premières moins onéreuses dans les processus de fabrication des panneaux, ainsi que la mise au point de structures plus rapides à monter sur les toits ont davantage contracté les prix. Troisièmement, la longévité accrue des panneaux photovoltaïques a également joué en faveur du consommateur. Auparavant, il fallait compter sur une durée de vie de 20 ans. Aujourd’hui, on peut espérer qu’une installation solaire fonctionne pendant 25 à 30 ans.

Et puis n’oublions  pas les gains de rendement réalisés ces dernières années (+ 1,4% pour les panneaux monocristallins, + 2% pour les panneaux polycristallins), de même que l’augmentation de l’irradiation solaire en Europe observée par les scientifiques depuis 40 ans. Celle-ci est due aux efforts de réduction de la pollution atmosphérique

Réduction de la dette énergétique

Mais ce n’est pas tout : les panneaux actuels utilisent de moins en moins de matière. Ils pèsent aujourd’hui 4 g/Wc alors qu’en 2006, c’était encore 16 g/Wc. Les fabricants produisent des cellules photovoltaïques de plus en plus minces et légères, ce qui rend les panneaux solaires encore plus compétitifs.
Conclusion : le temps de retour énergétique, ou EPB pour « Energy Payback Time » en anglais  se raccourcit à moins de 2,5 ans. Pour rappel, ils’agit du temps nécessaire aux panneaux photovoltaïques pour produire l’énergie nécessaire à leur fabrication. Après 2,5 ans, une fois cette « dette énergétique » remboursée, le panneau photovoltaïque va produire, pendant plus de 20 ans, de l’énergie 100% verte. Voici encore quelques années, le temps de retour énergétique était de 3,5 ans. Dans certaines régions fort ensoleillées comme en Italie, le Payback Time peut même être atteint après à peine plus d’un an.

Objectif 20 % en 2028

Grâce à la conjonction de ces différents facteurs, la technologie photovoltaïque est devenue, dans plusieurs parties du monde, la source d’énergie la moins chère. Comme l’affirmait Adnan Z. Amin, Directeur Général de l’IRENA, « la baisse continue des coûts de production ne fera qu’amplifier le phénomène et accélérera la transition des carburants fossiles vers les énergies renouvelables ». Pour le moment, l’énergie solaire produit près de 4% de l’électricité française. Mais le gouvernement souhaite pousser la part du solaire à 20% dans la production d’électricité d’ici 2028.

Commençons à rêver

On estime le coût actuel de production d’un MWh à partir de panneaux photovoltaïques à 58 € environ. En 2015, le Fraunhoffer Institute annonçait un coût de production de 41 € /MWh à l’horizon 2025. L’IRENA, de son côté, prévoit qu’il baissera de 59% d’ici 2025, et donc atteindra un coût de 24 €.
Mais les observations les plus récentes fournissent des chiffres encore plus optimistes. Le 12 août dernier, Damien Ernst, professeur d’électromécanique à l’Université de Liège, annonçait qu’au Portugal, le prix du MWh photovoltaïque s’était établi à 14,76 €, battant ainsi le record mondial du MWh solaire le moins cher. Le record précédent remontait à 2017 au Mexique, où le coût de production avait atteint 16,5 €/MWh. Nous avons donc assisté à une baisse de 10% du coût en 19 mois de temps seulement. Le professeur Ernst s’attend à ce que le coût du MWh solaire chute jusqu’à 10 € d’ici la fin 2022 !

Avec un tel coût de production, à terme, tous les rêves deviennent possibles :
– réaliser la capture directe de CO2 dans l’atmosphère
– voyager en avion sans émettre de CO2
– chauffer toutes les maisons à l’électricité, y compris celles qui sont mal isolées
– remplacer le soleil par des diodes lumineuses pour la plupart des cultures, épargnant ainsi des millions d’hectares de terres arables qui pourraient être transformées en réserves naturelles.
L’institut Fraunhoffer prévoyait que 40% de l’électricité mondiale pourrait être produite par le soleil en 2050, mais il semble que cette échéance pourra être rapidement avancée.

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