Revolution-energetique.com vous propose une compilation des principales nouvelles qui ont émaillé l’actualité de la transition énergétique cette semaine.

Avec près de 4 GW de nouvelles capacités de productions électriques renouvelables installées en France en 2021, le secteur a enregistré un nouveau record historique. La puissance totale du parc électrique « vert » – hydroélectricité, éolien, solaire et bioénergies confondus – s’élève, fin 2021 à 59.781 MW. Le solaire photovoltaïque et l’éolien comptent respectivement pour 2.687 MW et 1.202 MW des nouvelles puissances raccordées au réseau. La filière photovoltaïque a été particulièrement en verve en 2021 puisque la capacité cumulée des nouveaux raccordements solaires a triplé par rapport à l’année précédente. Les énergies vertes ont ainsi couvert 25 % des consommations électriques en France métropolitaine au cours de l’année dernière. C’est une légère baisse de deux points par rapport à l’exercice précédent qui s’explique principalement par une demande électrique globale plus importante qu’en 2020, année affectée par la crise sanitaire.

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Selon Bloomberg New Energy Finance (BNEF), 183 GW de nouvelles installations photovoltaïques ont été installées dans le monde en 2021. C’est 40 GW de plus que l’année précédente. Pour 2022, les analystes prédisent une croissance des capacités mondiales se situant dans une fourchette de 204 à 250 GW dont 20 GW dans le résidentiel, ce qui constituerait un record. La Chine sera toujours le marché le plus important : entre 81 et 92 GW de nouvelles capacités y seront développées. Les prix des modules qui ont connu une hausse importante en 2021 à cause d’une pénurie de matières premières devraient entamer une baisse grâce à l’ouverture de nouvelles usines en Chine. BENF table sur une augmentation de 39% de la production.

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Le Conseil d’Etat a donné raison à EDF et a autorisé l’électricien a poursuivre le chantier de construction de la nouvelle centrale électrique du Larivot en Guyanne. Les travaux avaient été suspendus en juillet 2021 par le tribunal administratif de Cayenne à la demande de France Nature Environnement et Guyane Nature Environnement, inquiets entre autres des conditions d’approvisionnement en fioul végétal, gaz et fioul léger. Pour emporter la décision des magistrats, EDF a promis de n’alimenter la centrale qu’avec de la biomasse liquide issue de matières organiques comme par exemple l’huile de colza. Une solution qui, selon EDF devrait permettre de faire émerger une filière agricole et industrielle en Guyane. Le projet qui vise à remplacer en 2023 la vieille centrale obsolète de Degrad-des-Cannes, alimentée en fioul fossile, est chaudement soutenu par Barbara Pompili, ministre de la transition écologique.

La nouvelle centrale remplacera celle de Degrad-des-Cannes, en fin de vie

Dans une étude publiée cette semaine, l’ONG Transport & Environment (T&E) alerte l’opinion sur la fausse route prise par l’Europe et l’OMI (Organisation maritime internationale) pour décarboner le transport maritime. Selon elle, les textes actuellement débattus au parlement européen et au Conseil auraient comme conséquence qu’un quart de la flotte mondiale serait alimentée par du GNL (gaz naturel liquide) d’ici 2030. L’impact sur le climat serait trop faible, mais surtout, ces mesures asserviraient durablement le transport maritime aux combustibles fossiles et compromettraient l’objectif de neutralité carbone qu’il conviendrait d’atteindre en 2050. T&E appelle donc les parlementaires à changer leur fusil d’épaule et à privilégier l’emploi de carburants verts tels que l’hydrogène, l’éthanol ou l’ammoniac fabriqués avec des énergies renouvelables. Si rien n’est fait, précise l’ONG, le transport maritime pourrait passer de 3% aujourd’hui, à 10% des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici 2050. La Banque mondiale est sur la même longueur d’onde et déconseille, elle aussi, de passer par la case GNL avant d’adopter des carburants réellement propres.

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La coopérative Enercoop Midi-Pyrénées a inauguré deux nouvelles centrales solaires en Aveyron. Elles sont toutes les deux installées sur une ancienne décharge communale. Celle de Cap del Devez se situe à côté de l’aérodrome de Belmont-sur-Rance. D’une puissance de 220 kW, elle compte 792 panneaux qui produiront 325 000 kWh par an. Celle de Calmels-et-le-Viala, est dotée de la même puissance et devrait générer environ la même quantité d’énergie.

En Belgique, une nouvelle éolienne de 2,2 MW appartenant à la coopérative citoyenne HesbEnergie est entrée en service ce 18 février à Orp-Jauche, dans l’est du Brabant wallon. C’est déjà la 3e turbine exploitée par cette coopérative fondée en 2013 qui compte aujourd’hui près de 1.200 membres. Située dans une plaine très venteuse, la nouvelle machine produira environ 5.500 MWh par an, ce qui correspond à la consommation moyenne de 1.500 ménages. HesbEnergie ne compte pas s’arrêter là puisqu’elle prépare déjà la construction d’une 4e éolienne dans la commune voisine de Perwez. Elle vient aussi d’enregistrer la commande d’une chaufferie biomasse pour l’alimentation en chaleur verte du nouveau centre sportif de Jodoigne. Pour financer tous ces projets, la coopérative a lancé une nouvelle campagne de souscriptions avec pour objectif la récolte de 650.000 € de capitaux frais d’ici la fin de cette année.

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Déjà lourdement endetté à raison de 43 milliards d’euros à la fin de 2021, le groupe EDF qui doit faire face à d’importants investissements, a annoncé ce 18 février qu’il est confronté depuis début 2022 à des difficultés financières. A cause de l’indisponibilité de plusieurs réacteurs nucléaires, l’électricien détenu à près de 84% par l’Etat vend moins d’électricité et ses revenus sont en berne. Du coup, l’Etat et les contribuables doivent voler à son secours. C’est en tout cas ce qu’a annoncé ce vendredi 18 février le ministre de l’économie, Bruno Le Maire qui a dévoilé un projet d’augmentation de capital d’environ 2,5 milliards d’euros, dont 2,1 milliards apportés par l’Etat.

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