
Effet récif, oiseaux détournés de leur trajectoire : l’Ifremer a étudié l’impact des éoliennes marines et a conclu qu’elles transforment durablement la biodiversité locale.
Les éoliennes en mer se développent à tout va à travers la planète, mais quel impact ont-elles sur la biodiversité ? Publiée le 29 juin par l’Ifremer et le CNRS, les deux laboratoires livrent peut-être l’état des lieux le plus complet réalisé en France sur les effets des parcs éoliens offshore sur la biodiversité marine.
À lire aussiLes fondations des éoliennes offshore pourraient-elles abriter la faune marine ?Sans remettre en cause la pertinence de leur apport pour décarboner le mix électrique, les chercheurs concluent qu’un développement massif des parcs entraînera vraisemblablement des « transformations durables de la biodiversité marine ». L’État avait demandé cette synthèse. Elle a pris deux ans et demi et parcouru 411 publications scientifiques internationales pour analyser le cycle de vie des parcs, de leur construction à leur démantèlement, sans toutefois chercher à qualifier ces impacts de positifs ou de négatifs.
Parmi les dix grandes catégories de pressions exercées sur les écosystèmes, trois d’entre elles sont particulièrement documentées. La première est l’effet de barrière créé par les parcs, où certaines espèces comme les oiseaux marins comme le fou de Bassan contournent les installations, allongent leurs trajets et par conséquent réduisent leur accès à certaines zones d’alimentation. À l’inverse, d’autres espèces sont attirées par les éoliennes et se risquent à une collision.
À lire aussiLa vie reprend son cours, au pied des éoliennes offshore de Saint-NazaireLe second : « l’effet récif ». Les fondations en béton ou en acier sont colonisées par les moules, crustacés, algues et invertébrés alors qu’il y avait des zones sableuses. Hausse de la biomasse et augmentation de la taille moyenne de certains poissons autour des installations sont constatées. Là encore, pas question de qualifier cet effet de positif ou négatif.
Enfin, le bruit généré lors du chantier. Poser les fondations par battage de pieux fait du bruit, beaucoup de bruit. Il provoque des réactions d’évitement chez plusieurs mammifères marins et perturbe temporairement des activités biologiques. Les effets sont limités dans le temps, lors de la construction.
Au global, les poissons et les invertébrés semblent globalement bénéficier de la création de nouveaux habitats et, dans certains cas, de la limitation de la pêche au sein des parcs. Les oiseaux et les mammifères marins subissent majoritairement. Aucune espèce n’est menacée, tiennent à préciser les auteurs.
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