
Le gestionnaire du réseau électrique français RTE a dressé un premier bilan de l’été 2026. Une saison marquée par des vagues de chaleur intenses, une sécheresse persistante et une flambée des prix du gaz, qui a provoqué l’arrêt de plusieurs réacteurs nucléaires et une utilisation accrue de la climatisation, sans toutefois affecter significativement le réseau.
|
Indicateur |
Été 2026 |
Été 2025 |
|
Consommation brute d’électricité 📈 |
99,1 TWh |
95,2 TWh |
|
Production nucléaire 📉 |
83,7 TWh |
84,4 TWh |
|
Production hydroélectrique 📉 |
10,8 TWh |
12,3 TWh |
|
Production éolienne 📈 |
8,9 TWh |
8,0 TWh |
|
Production solaire 📈 |
15,1 TWh |
12,5 TWh |
|
Production thermique fossile 📈 |
4,1 TWh |
2,6 TWh |
|
Facteur de charge éolien terrestre 📈 |
14,4 % |
13,6 % |
|
Facteur de charge éolien en mer 📈 |
27,4 % |
26,1 % |
|
Solde exportateur 📉 |
23,7 |
24,7 |
|
Prix spot moyen 📈 |
109 €/MWh |
~ 57 €/MWh |
Avec l’hydraulique, la filière nucléaire a été parmi les plus affectées par les canicules de l’été 2026. Si la disponibilité globale du parc nucléaire est restée supérieure à certaines années précédentes, les contraintes climatiques ont tout de même bridé sa production. Jusqu’à 13,4 gigawatts (GW) cumulés d’indisponibilités ont été relevés au pic de l’été, pour plus de 10 térawattheures (TWh) de production perdue. C’est un record, devant 2003 (environ 6 TWh) et 2020 (3 TWh).
En cause : les seuils réglementaires sur le débit et la température des cours d’eau, qui ont concerné notamment les centrales de Chooz, Saint-Alban, Golfech, Bugey et Cattenom, ainsi qu’un épisode de prolifération de méduses à Gravelines. Au total, 15 réacteurs ont été touchés, soit 21 % du parc nucléaire français. Malgré ces aléas, la production nucléaire est restée quasiment identique aux années précédentes, avec 83,7 TWh entre juin et août, contre 83,5 TWh en 2024 et 84,4 TWh en 2025.
À lire aussiMalgré la canicule, le réseau électrique français ne sourcille pas selon RTELa production hydraulique s’inscrit comme la deuxième plus faible depuis 50 ans, avec 10,8 TWh entre juin et aout contre 12,8 TWh l’année dernière à la même période. Le stock d’eau est au plus bas depuis une dizaine d’années, indique RTE, qui précise toutefois qu’aucun lien direct n’existe entre le niveau de stock et la capacité de mobilisation en pointe hivernale.
À l’inverse, l’éolien (8,9 TWh) et surtout le solaire (15,1 TWh, contre 12,5 en 2025) progressent, portés par la croissance du parc et un facteur de charge légèrement supérieur. Aucun effet systématique des canicules n’est observé sur ces filières, d’après le gestionnaire du réseau électrique français. Le facteur de charge éolien est statistiquement un peu plus faible en période de chaleur, sans régularité d’une vague à l’autre, tandis que l’ensoleillement compense largement la perte de rendement des panneaux photovoltaïques causée par la chaleur.
À lire aussiLa production hydroélectrique de plus en plus touchée par le changement climatiqueCet été, le recours aux centrales à gaz a augmenté, avec 4,1 TWh produits contre 2,6 TWh en 2025. Un niveau qui reste cependant inférieur à ceux observés en moyenne sur la période 2014-2019. Le fonctionnement de ces centrales suit un profil désormais très spécifique, concentré en soirée, lorsque la production solaire décroît alors que les besoins de climatisation restent très élevés en raison de la chaleur accumulée.
Côté échanges d’électricité avec nos voisins européens, la France est restée exportatrice 99,9 % du temps (elle a été importatrice nette seulement un peu plus de deux heures sur tout l’été), avec 23,7 TWh exportés, un niveau comparable aux deux étés précédents.
À lire aussiCanicule : le DPE ne sert à rien pour le confort d’été, ou presquePortés par l’envolée des prix du gaz liée au conflit en Iran et au blocage du détroit d’Ormuz, les prix spot ont atteint 95,2 €/MWh en juillet et 122,8 €/MWh en août, parmi les plus hauts jamais observés depuis 2022 (où l’électricité avait atteint jusqu’à 600 €/MWh certaines semaines). Si l’envolée des prix spot semble inquiétante, RTE assure qu’ils fluctuent énormément selon la météo et qu’il a peu d’impact sur la facture des consommateurs, contrairement aux marchés à terme.
Sur ces derniers, l’analyse du gestionnaire est plus rassurante : l’écart avec l’Allemagne (environ 40 €/MWh) reste stable, davantage encore avec le Royaume-Uni ou l’Italie (plus de 50 €/MWh), seule l’Espagne affichant des niveaux comparables.
À lire aussiPourquoi la France fait tourner ses centrales à gaz en plein été ?L’essor des ventes de voitures électriques et l’utilisation prononcée de la climatisation n’ont pas eu d’effet sensible sur le réseau cet été, d’après RTE. Le gestionnaire explique que les ventes de voitures électriques n’ont, à ce stade, qu’un effet marginal sur la consommation d’électricité. Leur impact se fera d’abord sentir sur la baisse de la consommation de carburants, avant un effet significatif sur l’électricité, attendu vers 2030, assure le gestionnaire. Par ailleurs, aucun pic de consommation notable n’a été observé lors des chassés-croisés estivaux, où les puissantes stations de recharge rapide ont été très sollicitées.
Du côté de la climatisation, RTE reconnaît un « phénomène structurel » amené à augmenter la consommation estivale, sans toutefois inverser à moyen terme la pointe hivernale française (90 GW l’hiver contre 60 GW cet été).
La suite de votre contenu après cette annonce
Notre Newsletter
Ne ratez plus les dernières actualités énergetiques
S'inscrire gratuitement
Nos autres articles sur le sujet produire de l'énergie bas-carbone
EntreprisesActualitéTestsReportages