AccueilSolaireLes renouvelables font baisser les prix de l’électricité mais pénalisent fortement EDF, selon la CRE

Les renouvelables font baisser les prix de l’électricité mais pénalisent fortement EDF, selon la CRE

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Par Hector PIETRANIPublié le 16 septembre 2026
Image : Pexels.

« Il y aura des interprétations très politiques de ce document », anticipe Emmanuelle Wargon, présidente de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). L’autorité vient de publier une étude complète sur le coût justement complet du système électrique français. Les énergies renouvelables (ENR) seraient bénéfiques au réseau même en intégrant le coût du soutien public.

« Je ne parviens toujours pas à digérer l’énormité », écrit Thomas Vulliod, un employé d’EDF, sur le réseau social LinkedIn. Et si un internaute lui rappelle que « ce qu’elle (Mme Wargon, la présidente de la CRE) dit n’est pas faux », l’ingénieur d’EDF d’admettre que « ça n’est techniquement pas un mensonge ». Le rapport publié par la CRE montre qu’un développement des énergies renouvelables fait bien baisser les prix de l’électricité, de même qu’il réduit aussi les revenus des producteurs qui vendent leur électricité sur le marché, EDF en tête.

Un bilan positif, même avec les subventions

La CRE s’est replongée dans les marchés passés et, sans les nouvelles capacités solaires et éoliennes installées entre 2020 et 2025, le prix de l’électricité aurait été environ 20 euros le mégawattheure (€/MWh) plus élevé en 2025. Au lieu de 60 €/MWh, les marchés auraient grimpé à 80 €/MWh.

Le consommateur, ensuite, bénéficie du large déploiement des ENR. 8 milliards d’euros d’économies en 2025 d’après la CRE. Et même si les renouvelables ont un coût pour le réseau électrique, via les mécanismes de soutien public et les besoins d’adaptation des réseaux, la CRE chiffre ces surcoûts à seulement 3,5 milliards d’euros. Le bilan serait donc positif en coûts complets.

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Un coût de production quasi nul pour les renouvelables

Le coût de production des ENR est très faible, voire nul. Il leur suffit de soleil ou de vent et les électrons sont générés. Elles sortent alors les moyens de production plus coûteux dans l’ordre de mérite et tirent le prix de gros vers le bas. C’est aussi ce qui favorise la multiplication des épisodes de prix très faibles, voire négatifs lorsqu’il y a trop d’ENR.

Cette baisse des prix affecte donc les autres centrales. Elle réduit les revenus des centrales qui ne bénéficient pas d’un prix garanti, notamment les réacteurs nucléaires. « À l’échelle du système, nous pouvons encore ajouter des renouvelables, mais pour EDF, cela remet en question le modèle économique de son financement et sa capacité à financer ses investissements », reconnaît Emmanuelle Wargon.

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Il y a encore beaucoup de place pour les ENR

La CRE a donc cherché à déterminer jusqu’où cette dynamique pouvait aller sans mettre en péril le système électrique dans son intégralité. Dans une simulation où la consommation d’électricité reste constante, le parc solaire et éolien actuel pourrait encore augmenter de 50 % avant que les coûts supplémentaires pour le système et l’État ne dépassent les économies réalisées grâce à la baisse des prix.

Mais le problème du déploiement des renouvelables n’est plus seulement celui de leur coût, c’est aussi celui de leur valeur au sein d’un système électrique où les périodes de surproduction deviennent plus fréquentes. Plus les capacités augmentent, plus elles risquent de faire baisser le prix au moment même où elles produisent.

En 2025, le coût complet du système électrique français évalué par la CRE a atteint 55,9 milliards d’euros répartis entre 40 milliards pour la production et 15,9 milliards pour les réseaux. Les renouvelables hors hydraulique sont à 12,6 milliards d’euros. Les producteurs ont, eux, perçu 42,3 milliards d’euros de revenus, dont 35 milliards issus des marchés de gros et 6,2 milliards des soutiens publics.

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