Le géant du commerce en ligne, va acquérir plus de 50% d’un grand projet éolien offshore aux Pays-Bas. L’objectif est d’alimenter en énergie verte ses centres de distribution européens. Mais que faut-il penser de cette annonce ?

D’une capacité de 759 MW, le parc éolien hybride, sera développé par une coentreprise créée par Shell et Eneco, baptisée  Crosswind Consortium. Il devrait être opérationnel dès 2024.
Amazon détiendra une capacité de 380 MW, ce qui en fait son « plus grand projet d’énergie renouvelable à ce jour », selon Jeff Bezos. Le groupe vise la neutralité carbone d’ici à 2040.

Pour le géant du commerce en ligne, il s’agit d’un vrai défi. Car avec 175 centres de distribution répartis dans le monde, ses immenses fermes de serveurs pour ses activités sur le Cloud et une « supply chain» gigantesque composée, entre autres, de 40 Boeing, plusieurs milliers de semi-remorques et 20 000 utilitaires qui assurent des livraisons de plus en plus rapides, l’empreinte carbone du groupe est colossale. Selon la métrique élaborée en interne, les émissions d’Amazon s’élèvent à 122,8 gCO2 par dollar de marchandises brutes vendues.

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C’est pourquoi le groupe de Seattle multiplie les investissements durables. La prise de participation dans le parc offshore néerlandais est le 187ème projet en énergies renouvelables du leader américain.

Des objectifs environnementaux à la mesure des émissions de CO2

Amazon veut donc soigner son image et déclare vouloir atteindre 80% d’énergie verte en 2024, et 100% en 2030, avant d’atteindre le zéro carbone en 2040. L’année dernière, cinq nouveaux projets d’énergie renouvelable ont ainsi été annoncés en Chine, en Australie et aux Etats-Unis, dont un parc solaire en Virginie, pour une capacité installée de 615 MW et une production d’électricité propre de 1,2 million MWh chaque année.

Par ailleurs, le groupe vient de créer un fonds d’investissement doté de deux milliards de dollars. Il est destiné à soutenir « le développement de technologies et de services qui permettront à Amazon et d’autres entreprises de devenir neutres en matière de carbone d’ici 2040 », selon un communiqué de l’entreprise.

Mais peut-on se fier à la volonté affichée par Amazon de réduire concrètement son empreinte carbone, alors que la vision du monde de Jeff Bezos n’a jamais été remise en cause ? La question ne laisse pas ses employés indifférents, puisque le 26 janvier 2020, ils étaient plus de 300 à s’être opposés à la politique environnementale de leur entreprise. Regroupés dans l’AECJ (Amazon Employees for Climate Justice), ils poussent le groupe à intensifier ses efforts en faveur du climat, et réclament la neutralité carbone en 2030, et non en 2040.