Électriciens, installateurs, techniciens de maintenance : en pleine expansion, le secteur des énergies renouvelables crée des emplois à tour de bras. Pour former les agents de demain, la première école de production de France spécialisée dans le solaire ouvrira prochainement ses portes à Marseille.

De l’apprenti à l’ingénieur, les énergies renouvelables mobilisent une grande variété de métiers. Environ 10 000 personnes travaillent actuellement dans le photovoltaïque en France selon les syndicats du secteur. Ils seraient plus de 20 200 à œuvrer dans l’éolien. Pourtant, les opérateurs peinent parfois à recruter. Un ingénieur de l’éolien nous confiait récemment rencontrer des difficultés à embaucher des techniciens de maintenance, sans parvenir à identifier l’origine du problème.

Former des jeunes en décrochage

Une des raisons est peut-être le manque de sensibilisation et de formation à ces métiers parmi les plus jeunes. En ce sens, une école dédiée à l’énergie solaire photovoltaïque et thermique ouvrira ses portes à la rentrée 2022 à Marseille.

L’« école de production des énergies du sud », c’est son nom, formera des jeunes de 15 à 18 ans sans aucune qualification. Mais qu’est-ce qu’une école de production ? « C’est une alternative au lycée professionnel et à l’apprentissage » nous explique Clémentine Lacroix, la future directrice d’établissement. « On prépare des jeunes en difficulté, voir en décrochage scolaire, à un CAP ou à un BAC Pro » détaille-t-elle.

Apprendre dans les conditions réelles du métier

Le concept est particulièrement intéressant : il immerge les élèves dans des conditions réelles de travail. « Les jeunes apprennent grâce à de vrais chantiers, de vraies commandes et de vrais délais. Ils auront un contrat avec telle entreprise pour fabriquer tel ou tel produit, avec peu de technicité au départ. Peu à peu, les contrats évoluent vers plus de technicité et les commandes augmentent » explique la cheffe d’établissement.

Les apprentis seront mobilisés sur des chantiers de pose de panneaux et pompes à chaleur chez des particuliers mais également sur des sites de dimension industrielle. Ils devront également réaliser les coffrets électriques, locaux, câblages et autres raccordements liés à ces installations. Des prestations qui seront facturées « au juste prix » et dont les bénéfices représenteront environ 30 % du budget de l’école. « On n’est pas là pour baisser ni casser les prix du marché » promet Clémentine Lacroix. La qualité des travaux comme de l’enseignement sera garantie par un taux d’encadrement très élevé : un formateur pour six élèves.

Une opération de câblage sur la centrale solaire flottante de Peyrolles / Photo : H.L. – Révolution énergétique

Un CAP ou BAC Pro quasiment gratuit

La pratique représentera les 2/3 de la formation, le tiers restant étant de la théorie en classe. Un cursus de 24 heures par semaine, calqué sur le programme du CAP « électricien des énergies renouvelables » et du BAC Pro « technicien des énergies renouvelables ». Au terme d’1 à 2 années d’études, les élèves seront donc qualifiés pour les métiers d’installateur et de technicien de maintenance des panneaux solaires photovoltaïques, thermiques, hybrides et pompes à chaleur.

Cette toute première école de production dédiée au solaire en France offrira une scolarité « quasi gratuite et sans concours » s’enthousiasme Clémentine Lacroix. Les frais d’inscription annuels s’élèveront en effet à 150 €, dont les plus précaires pourront être exemptés. « Le seul critère d’admission, c’est la motivation à apprendre un métier » explique-t-elle, en vantant la réussite du modèle. « L’école de production est un système qui fait ses preuves, plus de 90 % des élèves sont diplômés et près de 100 % d’entre eux sont en emploi » assure la cheffe de projet.

Une école soutenue par des géants de l’énergie

L’établissement pourra accueillir 42 élèves chaque année et ouvrira progressivement à partir de septembre 2022. Il sera situé dans le quartier des Crottes dans le 15e arrondissement de Marseille, au sein d’un campus de 21 000 m². L’école est soutenue par des mécènes privés comme Totalenergies, Engie, Tenergie, sysENR, Dual Sun et les syndicats du solaire Enerplan et GMPV-FFB. Les collectivités locales participeront également à son financement. Quand à la partie pédagogique, elle sera assurée par BAO Formation. Les inscriptions ouvriront d’ici quelques semaines, lors de la mise en ligne du site internet de l’école.