Il ne sera plus possible d’installer ni de remplacer une chaudière au fioul à partir du 1er janvier 2022. Pourtant, plus de 3,5 millions de Français utilisent toujours cette énergie pour se chauffer. Pompe à chaleur, bois, gaz : voici les alternatives qui leur permettront de tourner la vieille époque du mazout.

Émetteur de gaz à effet de serre, nocif pour la santé et l’environnement, coûteux, le fioul n’a plus sa place dans nos habitations. En France, il sera interdit d’installer et de remplacer une chaudière utilisant ce produit pétrolier dès le 1er janvier 2022. Les logements neufs ne pourront plus faire ce choix à partir du 1er juillet 2021. Loin d’être l’énergie de chauffage la plus plébiscitée dans l’hexagone, le fioul reste la seule solution pour 3,5 millions d’habitants (14 % du mix). S’ils pourront continuer à utiliser leur chaudière, ils devront impérativement changer de mode à la première panne ou rénovation. Mais par quelle technologie pourront-ils la remplacer ?

Quelle que soit l’alternative retenue, cette transition contrainte reste gagnante pour tous. Le propriétaire d’une chaudière au fioul dépense en moyenne autour de 2 000 euros chaque année pour remplir sa cuve. Il s’agit de l’énergie de chauffage la plus chère après l’électricité (convecteurs uniquement), avec un coût moyen de 12,9 €/an et par mètre carré. De plus, l’impact environnemental du fioul est le plus élevé parmi tous les modes : il rejette 466 kg de CO2 par MWh contre 180 kg/MWh pour l’électricité et 222 kg/MWh pour le gaz.

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Cheminées en hiver à Budapest.

L’électricité

Tout logement disposant d’une bonne installation électrique peut envisager de se chauffer avec une pompe à chaleur (PAC). Cette technologie est bien moins coûteuse à l’usage que les traditionnels convecteurs. Elle est toutefois plus chère à l’achat et la pose doit être effectuée par un professionnel. L’investissement initial est conséquent : entre 65 et 90 € par m² chauffé, soit entre 9 700 et 13 500 € pour une maison de 150 m².

Il existe une grande variété de pompes à chaleur capables de remplacer une chaudière au fioul. Le système air-eau (la chaleur est captée dans l’air extérieur et diffusée à l’intérieur via les radiateurs à eau) étant le plus courant. Dans certains cas très spécifiques, ces appareils peuvent aussi restituer la chaleur captée dans le sol (sol-eau) ou dans l’eau (eau-eau). Il est également possible d’abandonner le chauffage par radiateurs pour une PAC air/sol/eau-air, diffusant de l’air chaud.

Une fois dépassé le coût d’installation, la pompe à chaleur est un des modes de chauffage les plus économiques. Il revendique un budget énergétique situé autour de 5 à 8 €/m² annuels.

Une pompe à chaleur

Le bois

Ce dispositif n’est toutefois pas aussi bon marché que le bois, qui affiche un imbattable 6,1 €/m² annuels. Malgré son très faible coût d’utilisation et d’installation, la bonne vieille cheminée n’est utilisée que par 5 % des Français. Peu de logements en sont équipés, notamment en ville où elles sont parfois interdites. Se chauffer au bois peut en effet être source de pollution, selon le type de foyer et la qualité du combustible.

Si les inserts fermés modernes permettent de réduire les émissions et d’assurer un meilleur contrôle du feu, ils restent moins performants que les poêles à granulés ou pellets. Ces derniers représentent une excellente alternative écologique et économique, particulièrement adaptée aux zones rurales et périurbaines. Les modèles récents offrent de superbes rendements, situés entre 80 et plus de 90 %. Ces chaudières, souvent automatisées, brûlent des granules de résidus de bois compressés. Leur petite taille permet une combustion parfaite. Quasiment toute la matière achetée est donc transformée en chaleur.

En moyenne, deux tonnes de pellets sont consommés chaque année par une habitation. Cette énergie est facturée entre 200 et 350 €/tonne, ce qui est trois à quatre fois moins cher que le fioul. L’achat et l’installation d’une chaudière à granulés nécessite cependant un investissement important, situé entre 10 000 et plus de 20 000 €. Un prix naturellement variable selon le modèle choisi, le type d’approvisionnement (silo, textile, abri externe) et la superficie du logement.

Des pellets de bois.

Le gaz naturel

C’est la star des énergies de chauffage. Environ 45 % des Français utilisent le gaz naturel pour passer l’hiver, soit une majorité. Logique, il est distribué en ville par le réseau public et coûte moins cher que l’électricité. Très majoritairement d’origine fossile, le gaz est hélas émetteur de dioxyde de carbone. Pour cette raison, il se retrouve malgré lui dans le viseur des autorités.

Visant la neutralité carbone, le gouvernement va interdire l’installation de chaudières à gaz dans les logements individuels neufs dès l’été 2021. L’habitat collectif bénéfice d’un sursis jusqu’en 2024. Le gaz n’est pas explicitement proscrit, mais ses rejets le condamnent. La réglementation prévoit en effet un plafond d’émissions fixé à 4 kg de CO2/m² et par an pour les logements individuels. Un seuil dépassé par le gaz et qui ne distingue malheureusement pas si l’approvisionnement est fossile ou renouvelable.

Dans l’ancien, le remplacement et l’installation de chaudières à gaz existantes ou non reste autorisé. Cette énergie demeure bien moins polluante et plus économique que le fioul. Elle peut être écologique si l’on a souscrit à un abonnement auprès d’un fournisseur de biogaz.

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Une chaudière à gaz – Photo Flickr Corgi Homeplan.

Les aides

Changer de chaudière, cela coûte très cher. Malgré les économies promises à l’usage, tout le monde n’a pas forcement les moyens de financer l’achat et l’installation d’un nouveau modèle. En France, il est heureusement possible de bénéficier d’aides de l’état. La plus connue est « MaPrimRenov’ », qui octroie jusqu’à 18 000 € de subventions, selon les revenus du demandeur et le type d’installation. N’hésitez pas à consulter notre dossier complet sur le barème 2021 de cette prime. Pensez aussi aux aides proposées dans le cadre des certificats d’économie d’énergie. De nombreux fournisseurs d’énergie sont prêts à financer une partie de vos dépenses afin d’obtenir ces précieux certificats.