Deux Américains, un père et son fils, ont réalisé leur rêve : voyager par bateau jusqu’en Alaska en utilisant uniquement l’énergie solaire. Une expédition que David et Alex Borton préparaient depuis 2004. Leur bateau électrique est couvert de panneaux photovoltaïques et ne dispose, à bord, d’aucun moteur à combustible fossile.

Qui a dit que l’énergie solaire n’est efficace que dans les régions ensoleillées ? Partis le 25 mai de Bellingham sur la côte ouest des Etats-unis, David Borton et son fils Alex ont mis le cap vers le grand Nord avec l’objectif de rallier la ville de Juneau située au pied des glaciers de l’Alaska. Ils y sont arrivés le 8 juillet après avoir parcouru 1.216 milles nautiques.

Comme seule source d’énergie, leur bateau électrique, le Wayard Sun, équipé d’un moteur de 4 kW, dispose d’une installation photovoltaïque de 1700 watts placée sur le toit. Des batteries lithium-ion permettent de stocker une partie de l’électricité produite.

Pendant les 45 jours qu’ont duré la traversée, le Wayard Sun a fait plusieurs escales en jetant l’ancre la nuit, sans descendre à terre au Canada en raison des restrictions de voyage imposées par les autorités à cause de l’épidémie de Covid-19. « Ce n’était pas un problème, nous avions suffisamment de réserves de nourriture et il ne fallait pas faire le plein de carburant » précise David Borton.

Naviguer sans jamais faire escale

Le bateau a navigué au total pendant 38 jours à une vitesse moyenne de 3,7 nœuds. Lorsque le soleil brille, il peut filer à 5 nœuds ou plus pendant toute la journée sans utiliser ses batteries. Mais pendant une grande partie du voyage, le ciel était couvert et il a beaucoup plu. « Même par temps très nuageux à cette époque de l’année, nous pouvons voyager à 2 ou 3 nœuds pendant la journée sans puiser dans nos batteries », explique David Borton. Pendant deux jours entiers le Wayard Sun n’a toutefois pas pu avancer en raison de vents violents et d’un brouillard intense.

La plupart des bateaux électriques sont limités par la capacité de leurs batteries et doivent fréquemment venir à quai pour les recharger. « Mais aujourd’hui, grâce aux progrès des cellules solaires, aux moteurs électriques efficaces et aux batteries de grande capacité, il est possible de naviguer en bateau solaire avec des vitesses raisonnables sans jamais faire escale dans un port pour recharger. Si j’avais eu plus de temps, j’aurais pu parcourir 1000 miles supplémentaire », conclut David Borton.