A l’approche de l’hiver de nombreux ménages s’apprêtent à remettre en service un chauffage d’appoint au bois. Mais attention, si ses avantages sont nombreux, le chauffage au bois n’est économique, écologique et sain qu’à la condition de respecter les bonnes pratiques. Voici quelques conseils simples et concrets pour éviter l’émission de polluants atmosphériques et augmenter le rendement de votre appareil.

Si le chauffage au bois est parfois rendu responsable de l’émission de particules fines néfastes pour la santé, rappelons que c’est l’utilisation d’appareils vétustes ou non adaptés et les mauvais usages qui sont en cause. Des études européennes montrent clairement que si l’on remplaçait tous les vieux appareils de chauffage au bois par des appareils performants et modernes, les émissions de particules fines diminueraient de près de 90 %.  L’adoption de bonnes pratiques vous permettra de réduire fortement les émissions polluantes de votre appareil et d’en augmenter le rendement avec, à la clé, la préservation d’une atmosphère saine et des économies sur votre consommation.

Proscrivez les feux ouverts !

Un feu ouvert procure une ambiance agréable, mais c’est bien là son seul avantage. Le tirage naturel par l’air et les fumées chaudes qui s’évacuent dans la cheminée engendrent dans le foyer un appel d’air frais très excédentaire. Dans le meilleur des cas, le rendement de la combustion sera inférieur à 10 % alors que dans un foyer moderne, fermé, il dépasse les 80 %. Pour remplacer la grande quantité d’air qui s’évacue par la cheminée, un volume équivalent d’air froid sera aspiré dans la pièce. En fin de compte, votre feu ouvert aura même tendance à refroidir la maison. Par ailleurs, les émissions polluantes sont très élevées par le simple fait qu’une température de combustion adéquate n’est jamais atteinte. Si vous possédez un bel âtre, disposez-y un insert de qualité, vous réduirez fortement votre consommation de bois pour un meilleur chauffage. Et surtout vous éviterez de polluer l’atmosphère.

Optez pour un appareil adapté à votre utilisation

Les fabricants proposent différentes sortes d’appareils adaptés aux modes de vie de chacun. Si vous n’utilisez votre poêle que par intermittence, par exemple parce que vous n’êtes pas chez vous en journée, choisissez un foyer conçu pour chauffer rapidement et de manière ponctuelle.

Par contre, si vous désirez une chaleur continue, sans risque de surchauffe, optez pour un appareil doté d’une capacité d’accumulation de chaleur qu’il diffusera encore longtemps après l’extinction du feu. Cela vous permettra de réduire les fluctuations de température et d’augmenter  votre confort. Une option intéressante si vous occupez votre habitation en permanence.

Ne choisissez pas un appareil trop puissant

Votre poêle à bois doit être adapté à vos besoins de chaleur. Ceux-ci peuvent notamment varier en fonction du volume à chauffer, de l’isolation de votre habitation, de la rigueur des hivers dans votre région et de vos habitudes en matière de confort thermique. Des paramètres à prendre en compte pour dimensionner précisément la puissance de votre appareil.

S’il est trop puissant, vous aurez tendance à le faire fonctionner en réduisant l’arrivée d’air, ce qui peut entraîner une mauvaise combustion, un encrassement et une augmentation des émissions polluantes. Si votre installateur vous dit « Pour le même prix je vous offre le modèle de puissance supérieure »… Allez voir un autre !

Privilégiez un appareil neuf

Les anciens poêles ont généralement un rendement faible (moins de 50 %) dû notamment à l’absence d’une arrivée d’air secondaire. Ils consomment donc plus de bois et génèrent davantage d’émissions polluantes. A l’inverse, les appareils récents bénéficient des dernières innovations technologiques et affichent des rendements allant de 70 à 80 %, voire plus. Par ailleurs, ces poêles doivent respecter des normes d’émissions plus strictes qu’auparavant.

En France, exigez le label Flamme verte dont l’objectif est de promouvoir les appareils les plus performants. Les appareils détenteurs de ce label  maîtrisent mieux la combustion du bois et polluent beaucoup moins. Le classement s’effectue sous la forme d’étoiles, comme pour les hôtels. Plus le nombre d’étoiles est élevé meilleures sont les performances du produit, le maximum étant de 7 étoiles. Sachez aussi que les poêles à granulés de bois (pellets) sont les plus performants. Ils affichent des rendements élevés (jusqu’à 95 %) et des émissions faibles grâce à une combustion bien maîtrisée.

Un apport d’air suffisant est indispensable

L’air est nécessaire pour assurer une bonne combustion et un rendement optimal de votre installation. Dans une habitation récente, fortement isolée et souvent pourvue d’une ventilation mécanique contrôlée, optez pour un appareil étanche, sans prise d’air dans la pièce chauffée, avec une arrivée indépendante venant directement de l’extérieur. Cela évitera de perturber le bon fonctionnement du foyer ou l’aspiration des fumées par le système de ventilation du bâtiment.

Si ce n’est pas possible, essayez de placer une prise d’air à hauteur du plancher et à proximité directe du foyer, pour éviter que l’air froid extérieur ne refroidisse la pièce chauffée.

Vérifiez le bon fonctionnement de la cheminée

La cheminée joue un rôle essentiel dans le bon fonctionnement de votre appareil : elle assure l’évacuation efficace des fumées produites par la combustion, tout en assurant un tirage optimal et en limitant les pertes de chaleur au minimum.

Le conduit de cheminée doit donc être dimensionné et conçu en fonction du type et de la puissance de l’installation, de la configuration du bâtiment chauffé ainsi que des bâtiments voisins (hauteur et orientation du toit, notamment). Il doit en outre respecter certaines règles, reprises dans des normes nationales et internationales. Bien isoler sa cheminée est également important pour éviter les dépôts de suie provoqués par la condensation des fumées et limiter les risques de feu de cheminée.

Faites donc appel à un installateur spécialisé ou à un « fumiste ».  Il installera un conduit adapté à votre bâtiment et votre installation.
Enfin, une cheminée entretenue et ramonée chaque année est le meilleur moyen de profiter sans risques de son chauffage au bois.

Suivez les conseils du fabricant

Les foyers récents bénéficient des dernières innovations technologiques qui permettent d’améliorer leur rendement et de réduire fortement leurs émissions polluantes.  Encore faut-il utiliser l’appareil correctement. Quelle quantité d’air apporter lors de l’allumage ? Que faire lorsque le feu a pris ? Comment régler la combustion ou nettoyer l’appareil ? Prenez donc le temps de bien lire les instructions du fabricant, ce sera tout bénéfice pour votre consommation et pour l’environnement.

Procurez-vous du bois labellisé et local

Le bois est une énergie renouvelable et neutre en CO2 s’il provient d’une forêt gérée durablement. Pour guider le consommateur, des labels reconnus internationalement ont été mis au point. Les plus répandus sont le label FSC (Forest Stewardship Council) et PEFC (Program for the Endorsement of Forest Certification schemes). Tous deux garantissent que le bois provient de forêts dont les critères de gestion durable sont certifiés. Utiliser du bois de chauffage produit localement permet aussi de réduire les émissions de CO2 liées à son transport. De plus il proviendra d’entreprises locales soumises à des règles environnementales strictes.

Photo : pixabay

N’utilisez que du bois « naturel »

Sachez qu’il est interdit de brûler dans votre poêle des déchets de bois provenant par exemple de vieux meubles, des bois peints ou imprégnés, des morceaux de panneaux agglomérés, des poteaux, des billes de chemin de fer, etc.  Pendant leur combustion ces déchets libèrent en effet de nombreux composés toxiques, dont notamment de  la dioxine. Évitez aussi de brûler des vieux papiers : ils contiennent des encres et d’autres produits chimiques et doivent être recyclés par d’autres filières. Il est évidemment totalement proscrit de brûler des plastiques ou d’autres déchets. Comme combustible, utilisez du bois naturel et rien d’autre.

Du bois sec, exclusivement

L’eau est l’ennemi du feu : une bûche trop humide provoque une perte du rendement de la combustion car en s’évaporant l’eau contenue dans le bois absorbe de la chaleur. Le bois humide provoque aussi un encrassement plus rapide du poêle et de la cheminée. Le bois « vert » (abattu récemment) contient environ 50 % d’humidité. Selon les essences il faut le laisser sécher à l’abri de la pluie pendant 2 à 4 ans pour qu’il atteigne l’humidité maximale recommandée de 20%. Un bois sec se reconnaît facilement : il est grisé et fendillé aux extrémités, sans moisissures ni champignons.

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Pas de papier mais des allume-feux naturels

Mieux vaut ne pas utiliser de papier pour allumer votre feu. Il existe des allume-feux non polluants, comme de la laine de bois enduite de cire. Leur combustion rapide garantira un bon allumage et surtout vous évitera de polluer et d’encrasser votre appareil de chauffage.

Appliquez la méthode de l’allumage inversé

Si vous allumez votre feu par le bas, les bûches chauffent pendant longtemps sans brûler. Ceci provoque la libération de composés gazeux qui n’ont pas l’occasion de s’enflammer et sont libérés dans l’atmosphère. À l’inverse, lors d’un allumage par le haut, les gaz qui s’échappent de la masse de bois brûlent en traversant les flammes ce qui accroît la production de chaleur et donc le rendement de la combustion mais réduit aussi l’émission de polluants.

Oubliez donc les idées reçues et changez votre façon d’allumer un feu : bûches en dessous, bûchettes et allume-feux sur le dessus, c’est ce qu’on appelle l’allumage inversé.

La vidéo ci-dessous pourra vous aider à bien appliquer cette technique.


Ne fermez l’arrivée d’air que lorsque le feu est complètement éteint

Le monoxyde de carbone (CO) tue chaque année plusieurs centaines de personnes en Europe. Pour éviter ce risque en fin de combustion, ouvrez largement l’arrivée d’air primaire pour brûler complètement et rapidement les dernières braises. Vous verrez des petites flammes bleues de monoxyde de carbone (CO). Une fois le feu totalement éteint, fermez toutes les arrivées d’air du foyer. Ainsi, vous éviterez de perdre de la chaleur par la cheminée.

Nettoyez régulièrement le foyer et la cheminée

Un nettoyage régulier est indispensable, au moins une fois par an. Une couche de suie de 1,5 mm entraîne en effet une consommation accrue de 6 % ! Faire ramoner 1 à 2 fois par an votre cheminée par un professionnel qualifié ne pourra être que bénéfique : rendement optimalisé, réduction des émissions de polluants, des risques de feu de cheminée et de corrosion. Ce professionnel nettoiera aussi votre appareil et il vérifiera complètement l’installation.

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