Dans le volet « énergie renouvelable » de sa « mise à jour du marché des énergies » publiée en mai 2022, l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) fournit ses perspectives pour le secteur en 2022 et 2023.

L’AIE fait d’abord un rappel des évènements de 2021, année au cours de laquelle le marché des énergies renouvelables s’est développé malgré la pandémie qui a entraîné des retards de chantiers et des difficultés d’approvisionnement. En effet, l’année passé, les capacités de production ont augmenté de 6 % s’agissant des énergies renouvelables, pour atteindre 295 GW. Plus précisément, le rapport indique une baisse de 17 % d’ajouts de capacité éolienne en 2021, compensée par le développement du photovoltaïque et des installations hydroélectriques.

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Le seuil des 300 GW devrait être dépassé en 2022

Pour 2022, l’agence envisage une augmentation de plus de 8 % des énergies renouvelables, par rapport à 2021. Le seuil des 300 GW devrait ainsi être dépassé cette année.

Cette hausse est emmenée par le photovoltaïque qui devrait compter à lui seul 60 % de l’augmentation prévue avec notamment des projets à grande échelle en Chine et dans l’Union européenne (UE).

S’agissant de l’éolien, une légère hausse du développement du secteur est attendue pour l’éolien terrestre. Pour l’éolien offshore, une baisse de 40 % est prévue en 2022. Ce chiffre est toutefois à remettre en perspective avec la forte hausse du nombre de chantiers réalisés en Chine l’an dernier en raison de la fin annoncée des subventions nationales dans le secteur.

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Accélération des renouvelables portée par la Chine et l’UE

Des projets devraient toutefois se poursuivre en Chine cette année, encouragés par des aides provinciales, permettant au pays de devenir en fin d’année, le numéro 1 en capacité de production d’éolien offshore, devant l’Union européenne et le Royaume-Uni réunis.

La Chine s’est d’ailleurs donné pour objectif de se doter d’une capacité de production de 1 200 GW d’ici 2030 grâce à l’éolien et au photovoltaïque.

Par ailleurs, en raison de la guerre en Ukraine et des sanctions prononcées par l’UE à l’encontre de la Russie, plusieurs pays de l’UE ont prévu de développer une politique visant à réduire leur dépendance vis-à-vis des importations de gaz naturel russe. Cette politique s’appuie sur le développement des énergies renouvelables. L’AIE nuance toutefois ses effets à court terme, étant donné les délais nécessaires pour mettre en place les nouveaux projets (plus de 18 mois). Elle rappelle également que cette évolution devra s’accompagner de mesures d’efficacité énergétique pour contenir la demande.

Le rapport évoque également le cas de l’Inde qui devrait connaître une expansion des énergies renouvelables en 2022 et 2023. Toutefois, la fragilité financière des entreprises de distribution incite l’AIE à rester prudente quant à ce développement.

Enfin, aux États-Unis, les prévisions sont revues à la baisse pour 2022 et 2023, en raison de mesures politiques et commerciales qui ralentissent le développement du secteur.

Pour 2023, l’agence projette une stabilité des énergies renouvelables dans le monde. En effet, malgré la prévision d’une hausse du photovoltaïque, les projets hydroélectriques devraient fortement baisser.

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Hausse des coûts de production

Par ailleurs, en ce qui concerne le coût des énergies renouvelables, il est en hausse en raison de l’augmentation du prix des matières premières et du transport. En 2022, l’agence estime que les coûts d’investissement globaux pour les nouvelles centrales photovoltaïques et les éoliennes terrestres vont augmenter de 15 à 25 % par rapport à 2020.

Toutefois cette hausse ne pénalise pas le secteur outre mesure dès lors que les prix des combustibles fossiles et de l’électricité ont également subi une augmentation, nettement plus rapide depuis le dernier trimestre 2021.

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