Que faire des déchets alimentaires issus des cantines scolaires ? A Carrières-sous-Poissy dans les Yvelines, ils seront bientôt transformés en biogaz dans une petite unité de méthanisation.

En France, la loi Grenelle II oblige les sociétés qui produisent plus de 10 tonnes de déchets organiques chaque année à les valoriser. Pour respecter cette règle, le département des Yvelines et le gestionnaire de cantines scolaires C’Midy s’apprêtent à lancer un modeste site de méthanisation.

Étendu sur 2.500 m² à proximité de l’incinérateur de Carrières-sous-Poissy, il doit produire ses premiers mètres-cubes de biogaz au cours de l’été 2021.

1 tonne de déchets = 120 m³ de biogaz

L’énergie sera d’abord générée à partir des déchets collectés auprès des réfectoires de 34 collèges du département. Les 450 tonnes valorisées annuellement produiront du biogaz mais aussi du digestat, utilisable pour l’épandage agricole. Une capacité extensible puisqu’en 2023, le site récoltera les restes alimentaires de la totalité des 118 collèges des Yvelines. Ces établissements servent 50.000 repas par jour pour 800 à 900 tonnes de déchets de nourriture chaque année.

Infographie : Tryon.

Baptisée « ModulO Yvelines », l’unité de méthanisation disposera d’une capacité maximale de traitement de 8.000 tonnes/an. Elle a été dimensionnée pour pouvoir ajouter, d’ici 2025, la valorisation des déchets organiques obtenus auprès de 70.000 particuliers et 36 supermarchés. La zone de collecte sera très locale puisqu’elle se situera dans un rayon de 20 km autour de l’unité. Le digestat et autres fertilisants produits en parallèle au biométhane bénéficieront à une ferme située à 5 km.

A pleine puissance, l’unité injectera 7 GWh de biométhane chaque année dans le réseau public et produira 6.849 tonnes de digestat. Gérée par Tryon, la micro-centrale a nécessité un investissement de 2,6 millions d’euros.