Les ministres de l’énergie de Belgique et du Danemark ont signé ce 23 novembre un accord prévoyant la construction d’un câble sous-marin à très haute tension. Long de 600 kilomètres de long, il permettra d’interconnecter les parcs éoliens des deux pays et portera le nom de « Triton Link » en référence au dieu de la mer.  Sa mise en services est planifiée pour 2030.

Si le Danemark est incontestablement un des champions européens de l’éolien onshore, la Belgique brille dans l’offshore. Malgré l’exiguïté de son domaine maritime, le pays est en effet le 4e plus grand producteur éolien offshore du monde. Avec une capacité de 2260 MW la Belgique trône même, proportionnellement à sa taille, sur la plus haute marche du podium.

Une puissance que Tinne Van der Straeten, la ministre belge de l’énergie, prévoit même de tripler en ouvrant une seconde zone dédiée à l’offshore, accolée aux eaux territoriales françaises.

A l’instar des projets danois la ministre projette également la construction d’une île artificielle énergétique à 40 km de la côte belge. « Ce sera un hub énergétique, une plaque tournante » précise Tinne van der Straeten. « Il permettra de raccorder nos parcs marins au continent, mais aussi d’importer ou d’exporter de l’énergie par des interconnexions avec les pays voisins ».

 

L’accord portant sur la construction du Triton Link, un câble sous-marin à très haute tension ( CCHT ou HVDC en anglais) entre la Belgique et le Danemark, s’inscrit donc dans cette stratégie. A Copenhague, le gouvernement projette également la construction d’ici 2030 de 2 îles énergétiques peuplées d’éoliennes, l’une dans la Mer du Nord, l’autre dans la Baltique. De quoi alimenter les besoins en électricité de 10 millions de ménages. « Quand les danois auront trop d’électricité, nous pourrons en importer via notre îleet vice-versa » explique la ministre belge.

Grâce à cette interconnexion, Elia, le gestionnaire du réseau belge à haute tension, aura aussi accès, via le Danemark, aux importantes capacités de stockage d’électricité dans les barrages norvégiens.

 

Long de 600 km, Triton Link devrait coûter plusieurs milliards d’euros, mais la décision finale concernant l’investissement doit encore être validée. La répartition du poids de l’investissement entre les gestionnaires de réseau des deux pays partenaires n’est pas non plus connue.
Elia estime toutefois que le projet est techniquement faisable et économiquement viable. « De telles interconnexions avec des Etats qui ne sont pas nos voisins immédiats permettent de profiter d’une électricité renouvelable au meilleur prix, mais aussi de pallier, en partie du moins, à la variabilité de la production éolienne, en répartissant les sources d’approvisionnement sur des zones bénéficiant de conditions météorologiques différentes » précise Elia.