Présentées en 2016, les tuiles solaires semblent ne plus du tout être une priorité pour Tesla. L’entreprise refuse de communiquer des chiffres précis, évoquant « une centaine » d’installations partiellement achevées ou commandées.

Il nous promettait des maisons autonomes en énergie, aux toitures coiffées d’élégantes tuiles photovoltaïques. Il y en avait pour tous les goûts : ardoises, tuiles rouges, lisses ou texturées. Mais deux années après sa présentation par Elon Musk, la technologie ne s’est pas encore massivement diffusée. Ça n’est pourtant pas faute de séduire.

Un des obstacles principaux ; le prix, deux fois plus élevé qu’un système solaire traditionnel. Aux États-Unis, un des 12 propriétaires d’un toit en tuiles solaires actuellement en service a déboursé 100.000 dollars (86.500 euros) pour un ensemble incluant également des batteries de stockage. Un investissement qui ne serait pas rentable selon lui, malgré d’importantes économies sur sa facture d’électricité. De plus, l’installation a nécessité deux semaines et une équipe de 10 à 15 monteurs contre une seule journée pour des panneaux solaires classiques.

Réservation jamais honorée

Si ce propriétaire n’a pas subi de retards à la livraison, bénéficiant de la proximité géographique avec l’installateur, ce n’est pas le cas de tous les clients. Selon Reuters, l’un d’entre eux a réservé un toit solaire début 2017 contre un acompte de 1000 dollars, mais n’a toujours pas été contacté par Tesla. Sur le site du constructeur, le système est pourtant toujours proposé à la réservation. En France, il est possible d’en commander moyennant un acompte de 930 euros.

Tesla s’est-il précipité ? Concentré dans la production de la Model 3 et secoué par des polémiques concernant les frasques boursières d’Elon Musk, la firme semble lever le pied sur son activité solaire. Une décision étonnante alors que la société a racheté Solar City pour 2,6 milliards de dollars en 2016 dans l’optique de s’étendre dans ce secteur. En août, Elon Musk annonçait avoir équipé « plusieurs centaines de maisons » d’un toit solaire et assurait que « tout va bien ». « Il faut un peu de temps pour confirmer que le toit solaire durera 30 ans et que tous les détails soient réglés » ajoutait le patron de Tesla.

Garantir la fiabilité avant de déployer

En réalité, 12 maisons étaient effectivement équipées fin mai selon Reuters. Tesla a par la suite précisé que les « centaines de maisons » évoquées par Elon Musk désignaient des habitations dont l’installation est programmée ou en cours. Les retards seraient dus à la nécessité de réaliser de nouveaux tests sur le produit selon le chef d’entreprise. « Avant de pouvoir le déployer dans un grand nombre de maisons, nous devons nous assurer que tous les éléments du toit dureront au moins trois décennies » a t-il répété en juin lors de la réunion des actionnaires. Selon des sources relayées par Reuters, la production serait faible et régulièrement interrompue dans l’usine de Buffalo où sont fabriqués les tuiles. Seules les modèles « noir texturés » auraient d’ailleurs été produits et Elon Musk n’aurait jamais visité le site.

Avare en communication à ce sujet, Tesla semble rencontrer de nombreux obstacles techniques pour commercialiser son toit solaire à grande échelle. Tarif élevé, technologie peu rodée, attention focalisée sur la production de véhicules : la marque souhaite sans doute marque une pause dans son activité solaire. Pour mieux revenir ?

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