
Le site du Commissariat à l’énergie atomique de Cadarache (Bouches-du-Rhône) a beau être l’un des piliers de la recherche nucléaire en France, tout n’y est pas rose, en particulier le démantèlement des anciens réacteurs de recherche. Symbole de ce constat : le CEA vient d’être autorisé à démanteler le réacteur graphite-gaz Pégase, mais l’opération pourrait nécessiter… 40 ans.
L’État vient de publier un décret autorisant le CEA à entamer le démantèlement du réacteur de recherche Pégase, ou plus précisément l’installation nucléaire de base (INB) nᵒ 22. Ce décret définit non seulement les étapes de ce démantèlement, mais modifie également le périmètre de l’installation nucléaire pour permettre au CEA d’avoir suffisamment d’espace afin d’entreposer ses équipements ainsi que les déchets produits.
Mis en service en 1964 sur le site de Cadarache, Pégase était un réacteur de recherche permettant de réaliser des essais de combustible pour la filière uranium naturel-graphite-gaz (UNGG). Il est arrêté après 15 ans de service, et l’installation est alors convertie pour entreposer des substances radioactives, en particulier du combustible irradié en piscine.
C’est la charpente métallique de l’installation qui a joué un rôle décisif dans la décision de son démantèlement. Sa bonne tenue au risque sismique ne pouvant être prouvée, elle doit être entièrement démantelée. Le CEA va donc devoir déconstruire l’ensemble de l’installation, qui comprend les zones d’entreposage et de manutention, mais également le bâtiment abritant la salle de contrôle, un bâtiment de traitement des eaux, un autre bâtiment dédié à la ventilation et enfin une tour de refroidissement.
L’État a donné au CEA jusqu’en 2065 pour réaliser l’opération, jusqu’à la dépollution des sols.
À lire aussiDémantèlement des installations nucléaires : certaines seraient un casse-tête en FranceAu total, la France compte 36 installations nucléaires de base définitivement arrêtées. Parmi elles, un certain nombre en sont déjà au stade du démantèlement, dont 6 réacteurs graphite-gaz (UNGG) à Bugey, Saint-Laurent et Chinon.
On peut également citer le réacteur à neutrons rapides Superphénix, arrêté en 1997, ou le réacteur à eau lourde de Brennilis, arrêté en 1985. Pour ces réacteurs comme pour le Pégase, le caractère unique de ces installations rend leur démantèlement particulièrement complexe.
En revanche, EDF espère faire de la centrale de Fessenheim une vitrine de son savoir-faire en matière de démantèlement. Signe d’une opération jugée moins complexe, EDF espère terminer ce démantèlement en 2048, soit presque 20 ans avant celui de Pégase.
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