
Les petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR) sont souvent cités comme la solution ultime pour décarboner de nombreux secteurs d’activités. Mais pour le moment, rares sont les projections concrètes qui permettent de confirmer ces espoirs. Un géant de l’industrie portuaire a décidé de sauter le pas et d’analyser concrètement comment les réacteurs modulaires pourraient décarboner les ports du monde entier.
Parmi les nombreux espoirs que suscite la technologie des Small modular reactors (SMR), on peut citer la décarbonation des installations portuaires. C’est en tout cas l’un des objectifs de DP World, troisième exploitant portuaire au monde. L’entreprise vient de s’associer à l’institut Terra Water et au CEA pour réaliser une étude sur l’intérêt des SMR dans la décarbonation des installations portuaires.
Cette étude portera spécifiquement sur l’implantation d’un SMR sur le port de Constanța, en Roumanie. Ce dernier est considéré comme le plus grand port de la mer Noire. L’étude devrait notamment consister à modéliser les demandes énergétiques du port entre 2030 et 2050, et à analyser la faisabilité technique, stratégique et économique d’une telle opération.
À lire aussiCâbles XXL, puissances délirantes : l’énorme défi du raccordement électrique des navires à quaiOutre la décarbonation du transport maritime en lui-même, celle des installations portuaires est également un vaste défi. À mi-chemin entre logistique et industrie, ces installations ont beaucoup à faire pour réduire leur empreinte carbone, notamment via l’accélération de l’électrification des différents postes comme la manutention, ou l’alimentation des navires à quai. D’ailleurs, c’est ce qu’a récemment inauguré le port de Marseille-Fos.
Néanmoins, qui dit électrification dit production d’électricité. Si des solutions renouvelables émergent progressivement comme les installations houlomotrices d’Eco Wave Power ou Dikwe, aucune ne semble aussi stable que le nucléaire dans ce cas de figure. Reste à savoir si la technologie SMR, normalement plus facile à déployer que les réacteurs traditionnels, pourra répondre aux enjeux de sécurité des zones portuaires.
Si les résultats de l’étude sont encourageants, DP World pourrait étendre cette évaluation aux ports du Royaume-Uni, pour lesquels l’entreprise a signé un protocole d’accord à ce sujet.
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