À sa mise en service prévue d’ici 2030, le parc éolien en mer du Sinan sera le plus puissant du monde. La Corée du Sud va investir un montant colossal pour ériger autour d’un millier de turbines cumulant 8,2 GW de puissance installée. Elles réduiront la part, aujourd’hui très importante, des énergies fossiles dans le mix électrique local.

Investir des dizaines de milliards d’euros dans des réacteurs à fission nucléaire deviendrait-il ringard ? De plus en plus de pays dirigent désormais leurs budgets au profit de gigantesques parcs solaires et éoliens. C’est le cas de la Corée du Sud, qui vient de signer un contrat à 48 500 milliards de wons (36 milliards d’euros) pour construire la plus grande ferme éolienne offshore du monde. Elle se situera au large des îles du Sinan, à l’extrême sud du pays.

D’une puissance annoncée à 8,2 GW, elle fournira du courant 100 % renouvelable à environ 3 millions d’habitants. Un millier d’éoliennes devraient être érigées, en se basant sur la puissance moyenne d’une turbine en mer (7,8 MW en Europe en 2019). Sa mise en service, prévue pour 2030, permettra de réduire drastiquement la part des énergies fossiles dans le réseau électrique sud-coréen.

 

Le pays exploite aujourd’hui 40 % de charbon, 26 % de gaz naturel et 25 % de nucléaire pour produire son électricité. Les renouvelables, qui représentent seulement 5,6 % du mix local, doivent bondir à 20 % d’ici dix ans principalement grâce au vent. Pour le coût de deux EPR de Flamanville (19,1 milliards d’euros selon la dernière estimation), le giga-parc éolien du Sinan développera une puissance cinq fois supérieure. Les déchets radioactifs en moins. Certes, l’éolien n’est pas pilotable et sa production fluctue fortement au gré de la météo, mais elle constitue une alternative fiable lorsqu’elle est reliée à des systèmes de stockage.