Comme chaque semaine, nous vous proposons une compilation des principales nouvelles qui ont émaillé l’actualité de la transition énergétique ces derniers jours.

Fabrication d’une pale d’éolienne 100% recyclable

Dans le cadre du projet Zebra, une pale d’éolienne 100% recyclable a été fabriquée dans l’usine LM Wind Power de Ponferrada, en Espagne. Ce projet est mené par un consortium composé notamment du centre de recherche français IRT Jules Verne, Arkema, CanoeEngie, LM Wind Power, Owens Corning et Suez. Son objectif est de démontrer la faisabilité technico-économique et environnementale d’une fabrication de pales d’éoliennes en thermoplastique, dans une approche d’éco-conception, afin d’améliorer le recyclage. Actuellement les pales sont constituées de matériaux composites à base de fibres de verre ou de carbone. Ils font partie de la famille des plastiques que les spécialistes appellent « thermodurcissables ». Contrairement aux plastiques de l’autre famille, les « thermoplastiques », ces matériaux ne peuvent pas être « fondus » et réutilisés pour de nouvelles applications similaires.
La pale fabriquée à Ponferrada utilise la résine thermoplastique Elium d’Arkema. Séparable de la fibre, cette résine permet, lorsque la pale est en fin de vie, de réutiliser ses composants pour fabriquer de nouvelles pales.

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France : réduction du coût de raccordement des énergies renouvelables

Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, a fait connaître ce 17 mars sa volonté de réduire les coûts de raccordement des énergies renouvelables (ENR), des pompes à chaleur et des bornes de recharge. La mesure est autorisée par la loi Climat et résilience, qui permet d’augmenter la prise en charge par l’Etat des coûts de raccordement des installations de production d’électricité renouvelable d’une puissance inférieure à 500 kilowatts. L’arrêté qui sera publié dans les prochains jours prévoira pour ces installations une contribution publique de 60% au lieu de 40% précédemment.

Les coûts de raccordement seront également réduits pour l’installation chez les particuliers et les petits professionnels d’une borne de recharge électrique ou d’une pompe à chaleur. Pour celles-ci, l’intervention de l’Etat s’élèvera à 80%.
« Les coûts de raccordement au réseau peut être un frein au déploiement de certains petits projets de production d’électricité renouvelable ainsi qu’à l’installation de pompes à chaleur, dont le développement est pourtant un enjeu essentiel de notre politique énergétique. Diminuer ces frais va permettre d’accélérer leurs installations, notamment dans les zones rurales », a déclaré la ministre.

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Nouvelle-Aquitaine : premier projet solaire de taille, 100% public et citoyen

Il était enthousiaste, Julien Bazus, le maire de Saint-Paul-lès-Dax dans les Landes, devant la quarantaine d’habitants qui se sont réunis ce 15 mars pour lancer le projet de la première centrale sol aire de taille, 100% publique et citoyenne en Nouvelle-Aquitaine. La commune s’implique dans le lutte contre le changement climatique, avec l’ambition de devenir une ville à énergie positive avant 2030.
Pour produire de l’énergie renouvelable sur le territoire, la Mairie a désigné un groupe de travail avec la mission d’impliquer les citoyens. C’est ainsi que la société de projet Candate Énergie a vu le jour. Epaulée par la coopérative Enercoop Nouvelle-Aquitaine, active dans la production et la fourniture d’énergie renouvelable, et par l’outil de financement éthique et citoyen EnRciT, elle a pour objectif le développement d’un premier projet solaire de taille, 100 % public et citoyen dans la région Nouvelle-Aquitaine.  Situé sur le site d’une ancienne déchetterie, le parc photovoltaïque s’étendra sur 5 hectares et développera une puissance d’environ 5 MWc. Il produira l’équivalent de la consommation électrique annuelle d’environ 2000 foyers, ou encore celle de tous les services municipaux, y compris l’éclairage public. Les partenaires projettent une mise en service en 2024.

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Le réseau électrique ukrainien s’est synchronisé avec le réseau européen

Depuis ce 17 mars, le réseau électrique ukrainien est physiquement connecté au réseau européen. Avant l’invasion du pays, il était synchronisé avec le réseau russe mais depuis le début de la guerre, l’Ukraine fonctionnait en mode isolé, avec à la clé, un important risque d’effondrement et de blackout. C’est la concrétisation d’un projet qui avait été lancé en 2017 mais qui s’est accéléré depuis l’entrée des troupes de Poutine dans le pays. « L’Ukraine est devenue membre de l’Union européenne de l’Energie. L’unification des systèmes énergétiques de l’Ukraine et de l’Union européenne est finalisée. A présent, l’électricité ukrainienne circule en Europe et vice versa. Nous remercions les pays de l’Union européenne, merci à ceux grâce à qui nous avons un seul et même système énergétique », a déclaré dans un tweet le porte-parole du gouvernement de Kiev.
Le pouvoir en place à Moscou tente, entre autres objectifs militaires, de contrôler le réseau électrique ukrainien. Il s’est déjà emparé de la centrale nucléaire de Zaporijia, la plus importante du pays, et la plus grande d’Europe. Le siège de Marioupol à montré comment la coupure de l’électricité pouvait semer la terreur parmi la population. La maîtrise par les Russes du réseau électrique serait une arme efficace pour précipiter l’effondrement du gouvernement et du régime ukrainiens.
La Moldavie a également été connectée au réseau européen ce mercredi. Les trois pays baltes, sont aujourd’hui encore synchronisés avec le réseau russe. Leur objectif est de se connecter au réseau européen d’ici 2024, mais les événements actuels pourraient précipiter l’opération.

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Le Conseil d’Etat annule le permis d’un parc éolien dans l’Hérault

Après huit ans de procédures, le Conseil d’Etat vient d’annuler cette semaine le permis de construire d’un parc éolien  développé par EDF EN au coeur du Parc national régional du Haut-Languedoc, à Ferrières-Poussarou. La juridiction administrative suprême a considéré que l’autorisation préfectorale de destruction d’espèces protégées donnée sur base d’une raison impérative d’intérêt public majeur n’était pas justifiée. Pour la simple raison que « ce projet de parc éolien n’apporte qu’une contribution modeste à la politique énergétique nationale de développement de la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie dans une zone qui compte déjà de nombreux parcs éoliens ».
Opposés au projet, l’association Sauvegarde des Avant-Monts et le collectif Hurlevent, avaient, remporté une première victoire devant la Cour administrative d’Appel de Marseille, le 24 janvier 2020. Cette fois, le Conseil d’État déboute la ministre de la Transition écologique et le développeur qui avaient fait appel de cette décision.

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