Au large de l’embouchure du Rhône, le parc éolien Provence Grand Large prévoit d’ériger trois turbines flottantes. Le projet, qui termine sa phase de concertation, a interrogé les pêcheurs locaux. Leur attitude tranche radicalement avec les vives oppositions habituellement exprimées par les professionnels de la mer sur les projets éoliens offshores.

C’est un rayon d’optimisme bienvenu dans le parcours semé d’embûches du futur parc éolien Provence Grand Large. Le projet-pilote composé de trois éoliennes flottantes n’aura pas à affronter l’opposition des pêcheurs locaux. Lors d’une réunion de concertation, les professionnels ont affirmé être « prudents, mais pas contre ».
« Nous avons obtenu des avancées. Les éoliennes sont plus éloignées de la côte, espacées entre elles et des dispositifs sont prévus pour veiller à la préservation des espèces » explique William Tillet, le représentant des pêcheurs du secteur au journal La Provence.

Couler des éoliennes pour créer des récifs artificiels ?

Une position assez surprenante, la plupart de leurs confrères français et européens étant traditionnellement hostiles aux parcs éoliens offshores. Il faut reconnaître qu’avec trois turbines placées à 17 km de la côte, le projet Provence Grand Large n’est pas comparable aux parcs géants de la côte Atlantique ou de la mer du Nord. Son impact devrait donc être extrêmement limité.

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« On peut même s’attendre à un effet nurserie » s’enthousiasment les pêcheurs, qui prévoient une étonnante technique de recyclage des turbines en fin de vie. « Si dans 20 ans [le parc] n’est pas reconduit, on souhaiterait que les éoliennes soient coulées sur place. Elles se transformeraient alors en récifs artificiels » imagine le représentant.

Un dernier recours à purger

Porté par EDF Renouvelables, le parc Provence Grand Large sera composé de trois éoliennes Siemens Gamesa d’une puissance unitaire de 8,4 MW. Elles s’élèveront sur des plateformes flottantes développées par SBM Offshore et IFP Energies Nouvelles. Il doit produire suffisamment d’électricité pour couvrir la consommation de 45 000 personnes. Le courant sera injectée sur le réseau par un câble de 19 km enfoui à 1,5 m sous le plancher marin, puis via 9 km de lignes terrestres

Lancé il y a 10 ans, le projet doit encore purger un recours déposé par des associations environnementales et boucler la phase d’enquête publique. Les travaux doivent commencer en 2022 pour une mise en service l’année suivante.