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Pour rentabiliser une centrale solaire, l’idéal est d’autoconsommer au maximum sa production. Et ce n’est pas si facile sans l’aide d’une batterie. De nombreux modèles de batteries solaires sont désormais disponibles sur le marché. Nous avons testé l’une d’elles : la Solarbank 2 proposée par Anker Solix. Une batterie peu coûteuse, modulable selon les besoins et qui accomplit sa mission sans chichis.
L’univers de la batterie domestique évolue à une allure fulgurante. Le temps de réaliser le test de l’Anker Solix Solarbank 2, la marque chinoise a déjà commercialisé une nuée de nouveaux appareils, dont la quatrième version du modèle original testé dans cet article.
Si elle n’est pas la plus récente, la Solarbank 2 est toujours vendue sur la boutique d’Anker Solix en version AC (sans entrées solaires) avec un avantage : son prix, qui a drastiquement chuté. Ses performances, elles, sont toujours satisfaisantes pour quiconque souhaite se lancer modestement dans l’autoconsommation solaire avec stockage. La version « pro » que nous testons, si elle n’est plus vendue sur le site d’Anker Solix, est encore disponible sur de nombreuses marketplaces et sur le marché de l’occasion.
Sa fiche technique reste intéressante, malgré les deux années écoulées depuis sa sortie officielle (et oui, deux ans c’est beaucoup dans ce secteur). Ainsi, la Solarbank 2 Pro intègre quatre entrées solaires via des connecteurs MC4 standard acceptant un total de 2400 W, via un seul et unique tracker MPPT. Suffisant pour la majorité des installations photovoltaïques en milieu résidentiel.
Là où la Solarbank 2 Pro risque de pêcher, c’est au niveau de sa puissance de sortie AC, restreinte à 800 W. Une limite purement logicielle, Anker respectant la réglementation sur les kits solaires prêts-à-brancher qui impose un bridage de puissance, passé à 900 W en France. Contrairement à d’autres marques, Anker ne propose pas de débridage en option, même en faisant appel à un électricien qualifié.
Si ces 800 W suffisent largement aux logements non chauffés ou climatisés à l’électricité ou dotés d’une faible puissance solaire installée, ils sont frustrants pour les foyers tout-électriques et dotés de grandes centrales photovoltaïques. C’est notre cas, avec 1800 W de panneaux solaires et une maison zéro énergie fossile.
La Solarbank 2 Pro couvre un peu plus que le « bandeau » de consommation électrique continu : appareils en veille, réfrigérateurs, pompe de piscine, équipements informatiques. C’est déjà pas mal, même si la batterie semble remplir un lac à la petite cuillère lors du branchement de notre voiture électrique sur une wallbox 7 kW.


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Entrée photovoltaïque DC | |
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Plage de tension PV |
16 à 60 V |
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Courant d’entrée PV max. |
16 A par connecteur |
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Intensité de court-circuit PV max. |
20 A |
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Puissance d’entrée MPPT max. |
2400 W |
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Sortie réseau AC | |
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Puissance de sortie AC max. |
800 W |
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Sortie AC nominale |
220 à 240 V A @ 50/60 Hz |
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Courant de sortie AC max. |
3,5 A @ 230 V |
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Facteur de puissance |
1 (-0,8 ~ +0,8) |
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Caractéristiques batterie | |
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Tension nominale de la batterie |
16 V DC |
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Courant de charge et décharge max. |
75 A DC |
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Capacité de stockage |
1600 Wh (100 Ah) Extensibles jusqu’à 5 modules, soit 9600 Wh au total |
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Type de cellules |
LiFePo4 |
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Puissance de décharge nominale |
800 W |
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Prise de secours AC | |
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Puissance de sortie AC max. |
1000 W |
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Puissance apparente AC max. |
1000 VA |
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Sortie AC |
4,4 A AC (max) @ 230 V AC @ 50/60 Hz |
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Facteur de puissance |
1 (-0,8 ~ +0,8) |
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Autres caractéristiques | |
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Connectivité |
Wi-Fi 2,4 GHz, Bluetooth |
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Protection électrique |
Classe I |
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Plage de température de fonctionnement |
-20 °C à +55 °C |
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Indice de protection (boîtier) |
IP65 |
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Dimensions (Solarbank seule, sans extension) |
460 × 249 × 254 mm |
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Poids (Solarbank seule, sans extension) |
21,8 kg |
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Pays de fabrication |
Chine |
L’un des principaux avantages de la Solarbank 2 Pro est la possibilité d’étendre la capacité de stockage en fonction de ses besoins et de son budget. Le module de base propose 1,6 kWh de batterie intégrée, que l’on peut étendre jusqu’à 9,6 kWh en ajoutant jusqu’à 5 modules de stockage de 1,6 kWh chacun. Le système est empilable et très facilement déployable : il suffit d’enficher les modules les uns sur les autres, un connecteur assurant la liaison électrique entre eux. Aucun câblage n’est donc nécessaire.
Autre atout : la robustesse de l’appareil, qui prend place dans un carénage en métal épais et plutôt esthétique. Classé IP65, il peut d’ailleurs être placé à l’extérieur, mais idéalement à l’abri du soleil pour éviter les bugs liés aux températures élevées.


Côté connectique, au-delà des entrées solaires, la machine propose une prise AC type F permettant d’alimenter directement n’importe quel appareil dans la limite de 1000 W. Cette prise peut être utilisée comme système de secours en cas de coupure du réseau, pour alimenter un réfrigérateur et un ordinateur par exemple. Prévoyez toutefois une rallonge, car l’emplacement de la batterie ne correspond pas toujours à celui des appareils que l’on souhaite alimenter en cas de blackout.
La communication avec la Solarbank 2 Pro s’effectue en Bluetooth et/ou en Wifi 2,4 GHz, via l’application smartphone Anker. On regrette l’absence d’un port Ethernet qui aurait offert une connexion internet plus fiable et réactive. Cela peut être rebutant si l’on installe l’engin dans un abri de jardin, une cave ou tout endroit éloigné de la box internet. D’autant que la Solarbank 2 Pro doit pouvoir échanger facilement avec le compteur communicant (optionnel) placé sur la phase d’alimentation générale du logement, si l’on souhaite optimiser l’autoconsommation.
Rien de plus facile qu’installer ce genre de batterie empilable. Les modules sont livrés prêts à être utilisés. Anker nous a fait parvenir une Solarbank 2 1600 Pro avec un module d’extension BP1600, portant la capacité de stockage totale de notre système à 3,2 kWh. Après déballage, il suffit de retirer les protections présentes sur les connecteurs entre modules et de placer délicatement la Solarbank sur la batterie d’extension.
Quatre paires de câbles solaires avec terminaux MC4 sont fournies avec la Solarbank. Longs de 3 m, ils sont plutôt courts pour notre usage mais conviennent pour de petits kits solaires de balcon. Nous utilisons nos propres câbles pour la relier à notre centrale photovoltaïque en toiture. L’appareil est installé sur une terrasse exposée sud, contre la façade. Des pattes de fixation murales sont d’ailleurs fournies pour éviter tout basculement. Avec deux modules seulement, aucun risque de chute dans notre cas, mais nous recommandons vivement d’arrimer votre batterie au-delà.


Une fois les câbles solaires branchés sur les terminaux MC4 de la Solarbank, nous connectons le câble secteur à une prise que nous avons spécialement dédiée à la production solaire. Cette prise est câblée en 4 mm² sur une ligne exclusivement réservée depuis notre tableau général. Une configuration que nous encourageons pour éviter tout risque lié à un branchement sur une prise ou une ligne vétuste.
L’étape suivante consiste à configurer la Solarbank via l’app smartphone Anker Solix. Là aussi, rien de bien compliqué. L’appairage se fait par Bluetooth en quelques secondes, avant de pouvoir accéder à l’interface. Claire, sans éléments superflus, elle permet de configurer son installation et notamment le plus important : le choix de la stratégie énergétique.


On peut ainsi choisir entre un mode « personnalisé », où les horaires et la puissance de décharge sont entièrement ajustables, un mode « prise intelligente » où la décharge suit la puissance d’appareils branchés à travers des prises intelligentes (non utilisé dans notre cas) ou un mode « autoconsommation ». C’est ce dernier mode qui nous intéresse le plus et que nous avons exclusivement exploité. Car il permet à la Solarbank d’injecter uniquement la quantité d’électricité égale à celle consommée par le logement. Cela évite de dilapider inutilement de l’électricité sur le réseau public et donc de faire bondir son taux d’autoconsommation.


Toutefois, pour utiliser ce mode, il faut obligatoirement installer un compteur communicant sur la phase d’alimentation du logement. Anker nous a livré son propre compteur communicant, mais il est possible d’appairer la Solarbank avec un compteur d’une autre marque comme Shelly par exemple. L’installation de ce compteur doit être effectuée idéalement par un électricien, mais de bonnes connaissances en électricité suffisent dans les faits. Ce compteur doit être câblé à une phase et un neutre, protégé derrière un disjoncteur 2A.
Des tores, qui mesurent le flux d’électricité sans contact, sont placés sur la phase générale (trois tores sont fournis pour les logements en triphasé). Ils remontent l’information au compteur connecté, qui les communique ensuite à la Solarbank avec plus ou moins de réactivité, selon l’éloignement des deux appareils.
À lire aussiTest : que vaut ce compteur électrique premier prix vendu sur Aliexpress ?La production, le stockage et l’injection d’électricité photovoltaïque débutent quelques secondes après les branchements et la configuration. C’est déconcertant : nous n’avons pas fait grand-chose mais notre maison est déjà alimentée en électricité solaire. Nous l’avons testée pendant cinq mois, à cheval entre l’été et le début de l’hiver, sans relever de défaut majeur.
Au cœur de l’été seulement, la Solarbank semble parfois surchauffer. Placée plein sud sans ombrage, la batterie bride les flux et l’application affiche un message d’erreur spécifique. Il suffit de placer un parasol les jours suivants pour l’éviter. De temps à autre, l’application indique également un problème de communication, faute à une mauvaise réception du signal Wifi. Rien de totalement bloquant dans l’ensemble.
D’autant que les performances sont au rendez-vous : le tracker MPPT exploite parfaitement le potentiel de nos 4 panneaux de 450 W. Si bien que nous constatons un pic de puissance de 1732 W au mieux sur les 1800 W installés, ce qui est excellent.
Le système a produit un total de 657,92 kWh avec un taux d’autoconsommation exceptionnel de 95,6 %. Cela signifie que seulement 4,4 % de la production a été injectée gratuitement sur le réseau public, principalement en raison des quelques secondes de latence dans la communication entre le compteur et la Solarbank. Dans cet intervalle, la batterie peut parfois injecter plus d’énergie que ce que nous consommons. Une excellente performance quoi qu’il en soit, quasiment impossible à réaliser sans l’aide d’une batterie.
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Mois |
Production |
Taux d’autoconsommation |
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Aout |
224,59 kWh | |
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Septembre |
194,99 kWh | |
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Octobre |
140,89 kWh | |
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Novembre |
60,31 kWh | |
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Décembre |
37,14 kWh | |
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TOTAL |
657,92 kWh |
95,6 % |
Ces 657,92 kWh représentent une économie de 108 € sur notre facture d’électricité. Un montant à mettre en perspective avec les 1200 € de notre station (Solarbank 2 Pro + BP1600, le compteur est souvent offert lors de promotions). Si nous n’avons pas testé l’ensemble durant une année complète, on peut prudemment estimer la production annuelle autoconsommée à 1300 kWh dans notre configuration (avec une centrale solaire de 1800 W). Ainsi, l’économie grimperait à 214,5 € chaque année. Il faudrait alors autour de six ans pour rentabiliser l’achat du système de stockage, hors coût des panneaux photovoltaïques. Notre simulateur vous permet d’ailleurs d’estimer rapidement la rentabilité d’un projet de stockage.
L’Anker Solix Solarbank 2 Pro peut encore être achetée sur certains sites spécialisés dans le matériel solaire et sur les sites de petites annonces, à des prix qui ont bien baissé depuis le début de sa commercialisation. S’il n’est plus de la dernière génération, il conserve suffisamment d’atouts pour booster le taux d’autoconsommation des petites installations solaires, comme les centrales de balcon par exemple. Un bon plan en perspective, si l’on parvient à dégotter un vendeur qui souhaite liquider son stock.

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