
Pour maintenir une position forte sur la scène internationale, la Russie compte beaucoup sur le nucléaire, une filière qu’elle maitrise de bout en bout, et qu’elle utilise comme outil diplomatique, en plein conflit. Le pays veut installer 30 GW de nouvelles capacités nucléaires.
Dans une récente réunion consacrée au développement de l’énergie nucléaire, la Russie a clairement affiché ses ambitions en la matière, avec la volonté d’installer 30 GW de nouvelles capacités nucléaires par l’intermédiaire de réacteurs de différentes puissances. Selon le Kremlin, ces 30 GW devraient permettre de compenser les 13 fermetures de réacteurs prévues dans les dix prochaines années, et d’augmenter les capacités de production pour atteindre près de 25 % du mix électrique russe.
Plus concrètement, cette ambition se matérialiserait par la construction de 38 nouveaux réacteurs d’ici 2042, dont 18 d’entre eux seraient déjà en construction. Outre les réacteurs à eau pressurisée VVER-1200 et VVER-600, la Russie mise, comme le reste du monde, sur les petits réacteurs modulaires.
D’ailleurs, la Russie souhaite les déployer jusqu’en Sibérie, notamment pour favoriser le développement des régions reculées et permettre la transformation des importantes ressources naturelles locales.
À lire aussiCentrales nucléaires flottantes : la Russie veut en installer en AfriquePour la Russie, le nucléaire permet de renforcer sa souveraineté énergétique grâce à la maîtrise de toutes les étapes de la filière, mais ce n’est pas tout. Son savoir-faire en la matière séduit de nombreux pays, en particulier des pays qui ne veulent pas passer sous giron américain.
Actuellement, Rosatom serait en train de construire 28 réacteurs dans neuf pays différents, dont l’Inde, la Chine, la Hongrie ou encore le Kazakhstan. D’ailleurs, 17 unités supplémentaires auraient été signées dans six pays, en particulier avec le Vietnam. Enfin, Rosatom serait en pleines négociations pour ajouter 50 réacteurs à son carnet de commandes, répartis dans une quinzaine de pays. D’autres pays, comme la Turquie, préfèrent toutefois prendre leurs distances, après avoir privilégié l’atome russe dans un premier temps.
Cette exportation du savoir-faire conforte les positions russes à l’international, et évite au vaste pays de se retrouver trop esseulé face à l’occident. Reste à voir si elle y parviendra.
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