
Le nucléaire est, pour beaucoup, la solution idéale pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Néanmoins, son déploiement reste lent, notamment à cause d’investissements financiers énormes. Pour atteindre les objectifs mondiaux en la matière à la moitié du siècle, les SMR pourraient être la clé.
Les grands acteurs du nucléaire mondial viennent de se réunir en Turquie, à quelques semaines de la COP 31, pour évoquer le rôle du nucléaire dans la réalisation des objectifs de neutralité carbone pour 2050. King Lee, chef de la politique et de l’engagement industriel de la World Nuclear Association (WNA), a profité de l’événement pour rappeler les avantages du nucléaire en matière d’émissions de CO2, et les objectifs des pays du monde en la matière.
Le nucléaire porte de nombreux espoirs de décarbonation, particulièrement grâce à un impact environnemental jugé faible comparé à d’autres moyens de production d’énergie décarbonée. En 2022, la Commission économique des Nations unies pour l’Europe a estimé les émissions de CO2 du nucléaire à une fourchette comprise entre 5,1 et 6,4 grammes d’équivalent CO2 par kilowattheure (CO2eq/kWh). Cela en fait un, si ce n’est le moyen de production d’énergie le moins carboné au monde.
Dans son dernier rapport, la WNA a calculé que depuis 1970, l’électricité nucléaire mondiale a permis d’éviter l’émission de 43 milliards de tonnes de CO2 en comparaison au gaz, et même 97 milliards de tonnes en comparaison au charbon.
À lire aussiCes 38 pays vont tripler leur capacité de production électrique nucléaire d’ici 2050Dans ce contexte, pas étonnant que de nombreux pays se soient fixé des objectifs ambitieux en la matière. D’ailleurs, mener à bien tous les objectifs des gouvernements en matière de nucléaire aboutirait à une capacité mondiale de 1457 gigawatts électriques (GWe) en 2050, contre seulement 400 GWe aujourd’hui. Cette augmentation de capacité est d’autant plus importante que le parc mondial est vieillissant et va devoir progressivement être remplacé, malgré une prolongation des durées d’utilisation des réacteurs.
En 2025, on comptait 440 réacteurs en fonctionnement dans le monde, et 82 GWe de nouveaux réacteurs en construction, avec 11 nouveaux chantiers démarrés dans l’année. Pour espérer atteindre les ambitions mondiales, il faudrait à terme atteindre un rythme six fois plus élevé. À l’échelle de la France, le constat est similaire. Le programme de relance du nucléaire via 6 EPR2 constitue un investissement massif pour l’État. Or, en considérant l’ajout de 8 EPR2, la capacité totale de la production atteindrait 89 GWe, avec 54 GWe provenant de réacteurs de plus de 60 ans !
Autrement dit, augmenter sensiblement les capacités du pays via le nucléaire demanderait un lourd investissement constant pour renouveler le parc tout en augmentant la capacité totale.
À lire aussiCe port européen sera-t-il le premier à recevoir un mini réacteur nucléaire SMR ?La WNA s’attend à ce que les réacteurs conventionnels continuent de représenter la majorité des nouvelles capacités installées jusqu’en 2050. Néanmoins, ils nécessitent des investissements colossaux et sont des projets menés sur le temps long avec des chantiers pouvant approcher la décennie.
De ce fait, les SMR constituent une opportunité plus abordable, du moins sur le papier. Les projets de réacteurs modulaires se multiplient et pourraient permettre un déploiement plus rapide du nucléaire, permettant une hausse des capacités de production d’énergie décarbonée à travers le monde.
La suite de votre contenu après cette annonce
Notre Newsletter
Ne ratez plus les dernières actualités énergetiques
S'inscrire gratuitement