Régulées par une surtaxe depuis 2013, les importations de panneaux solaires chinois en Europe sont désormais libres. Depuis le 4 septembre, plus aucun mécanisme ne protège les fabricants européens face aux prix cassés du photovoltaïque made in China.

Les producteurs européens de panneaux solaires vont devoir redoubler de créativité pour continuer à exister. En levant toutes les restrictions sur l’importation du photovoltaïque chinois, la Commission européenne leur a posé un sérieux obstacle. Elle avait pourtant jugé utile de les protéger dès 2013 en taxant les panneaux solaires en provenance de l’empire du milieu. Sous le prix plancher de 0,56 € par watt, le matériel importé pouvait ainsi être taxé jusqu’à 64,9%.

L’Europe, un exutoire pour la production chinoise excédentaire ?

La Commission a estimé que l’arrêt de ces restrictions allait dans l’intérêt des objectifs de développement des énergies renouvelables de l’Union européenne. La mesure aurait également permis d’aligner les prix à l’importation sur les prix du marché mondial.

La digue est donc ouverte depuis le 4 septembre. La Chine, qui a décidé de limiter les installations solaires sur son sol, possède une production excédentaire de 30 gigawatts. Le flux de panneaux bon marché, invendables aux États-Unis en raison de restrictions protectionnistes et bientôt en Inde, pourrait être canalisé vers l’Europe.

Avec leur modeste production d’environ 7 gigawatts, les fabricants européens représentés par la fédération EU Prosun estiment que la décision « met sérieusement à mal » leur industrie. Leur demande de prolongation des taxes sur l’import n’a pas trouvé d’écho. Certaines entreprises envisageraient de déposer plainte auprès de la Cour de justice européenne.

Une aubaine pour les installateurs

Si les fabricants se sentent lésés, à l’opposé les installateurs et importateurs européens se frottent les mains. S’exprimant à travers leur association SolarPower Europe, ils saluent la levée de restrictions qu’ils estimaient être la principale barrière à leur croissance. Le ministère chinois du commerce s’est également félicité de ce « règlement positif d’un différend commercial ».

Une décision qui « va rétablir des conditions de marché normales pour le commerce UE-chinois de panneaux photovoltaïques, suscitera un environnement plus stable pour la coopération entre ces industries et bénéficiera mutuellement aux deux parties » selon l’institution.

Cette levée des taxes pourrait permettre de baisser les prix des installations photovoltaïques et permettre à un plus grand nombre de particuliers et d’entreprises de s’équiper. Avec un prix plus bas, il est aussi plus simple de rentabiliser son infrastructure.
Reste à savoir si les professionnels des installations photovoltaïques joueront le jeu.

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