Comme chaque semaine, nous vous proposons une compilation des principales nouvelles qui ont émaillé l’actualité de la transition énergétique ces derniers jours.

Coup de boost pour l’éolien flottant

Det Norsk Veritas (DNV), l’agence de contrôle et de certification indépendante basée en Norvège, s’attend à un développement important de l’éolien flottant au cours des cinq prochaines années, avec comme corollaire une forte réduction du coût de cette technologie. Une tendance qui pourrait conduire à l’installation de près de 2 GW de capacité cumulée dans 3 ans et à 264 GW d’ici 2050, soit 15 % de la puissance du parc offshore mondial. Cela permettra au coût actualisé de cette énergie (LCOE) de descendre à 89€/MWh d’ici 2025 et à moins de 35 €/MWh en 2050. L’agence estime que les économies d’échelle, l’optimisation de la technologie et la rationalisation de la chaîne d’approvisionnement devraient fortement réduire le coût des fondations flottantes dont le prix est actuellement cinq fois plus élevé que celui des fondations de l’éolien offshore posé.
Selon DNV, les dépenses d’exploitation (OPEX) des parcs flottants, principalement alimentées par les opérations d’entretien et de maintenance, devraient également enregistrer une réduction d’environ 65 % au cours des dix prochaines années.

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Les Etats-Unis accélèrent sur l’éolien offshore

Les États-Unis sont désormais sur la bonne voie pour atteindre au moins 30 gigawatts (GW) de production éolienne offshore d’ici 2030, un objectif que Joe Biden avait annoncé en mars 2021. L’éolien en mer en est encore à ses débuts en Amérique, où seul un grand parc est en service aujourd’hui. Mais le New Jersey et New York prennent des initiatives pour développer plus de 45 GW de parcs offshore d’ici 2040. À ce jour, plus de 17 GW de projets éoliens en mer ont obtenu un financement.

Cette semaine, les enchères organisées pour l’attribution de 6 nouvelles zones s’étendant sur plus de 2000 km2 au large des côtes de New York et du New Jersey, ont atteint un record à plus de 3,3 milliards de dollars. Ces futurs parcs totaliseront une capacité de 7 GW, de quoi alimenter près de deux millions de foyers. Tous ces projets nourrissent les ambitions de Joe Biden, qui rompt radicalement avec la politique énergétique de son prédécesseur et mise sur le développement des énergies renouvelables pour décarboner l’électricité produite aux USA.

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Fécamp : achèvement de la première fondation du futur parc offshore

Bouygues Travaux Publics annonce l’achèvement dans le port du Havre de la première des 71 fondations en béton du parc éolien marin de Fécamp. Le principe de ces fondations « gravitaires » est  simple : l’ouvrage est si lourd qu’il n’a pas besoin d’être ancré dans les fonds marins. Posé sur un lit de graviers, ses 5 000 tonnes suffisent à maintenir l’éolienne en place. Chaque fondation mesure 55 m de haut et s’étend sur un socle de 32 m de diamètre. Le chantier mené par Bouygues et Saipem doit s’achever durant l’été 2022. Il mobilise jusqu’à 1 000 salariés. Pour parcourir les 13 à 22 km qui séparent le port de leur zone d’implantation au large, les cônes en béton seront placés par lot de trois sur une barge équipée de grues. L’immersion doit être réalisée courant 2023 pour une mise en service des turbines prévue en 2024. Étendu sur 60 km², le parc éolien offshore de Fécamp développera une puissance maximale de 500 MW, soit l’équivalent d’un demi-réacteur nucléaire. Chaque éolienne Siemens Gamesa développera jusqu’à 7 MW de puissance. Selon les prévisions, la centrale devrait produire l’équivalent de la consommation d’environ 770.000 habitants.

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La Belgique et le Royaume-Uni signent un accord de partenariat énergétique en mer du Nord

L’accord porte sur la production d’énergie renouvelable offshore, l’interconnexion électrique entre les deux pays, le déploiement de l’hydrogène vert ainsi que sur le captage et le stockage de carbone. Selon Tinne Van der Straeten, la ministre belge de l’énergie, une 2ème interconnexion électrique s’ajoutera à celle qui existe déjà dans la mer du nord entre la Belgique et l’Angleterre. « L’interconnexion existante, Nemo-Link, est l’une des plus performantes au monde. Le nouveau câble, qui sera connecté à notre futur îlot énergétique, sera hybride. Cela signifie que l’électricité peut être échangée directement entre les deux pays et que de nouveaux parcs éoliens pourront également y être connectés.  Ce projet s’inscrit dans le plan visant à transformer la mer du Nord en une grande centrale énergétique durable », a-t-elle expliqué.

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Airbus croit à l’hydrogène pour ses avions

L’avionneur a signé un accord avec deux motoristes, GE et Safran Aircraft Engines, en vue de tester un moteur d’avion alimenté à l’hydrogène. Les essais, d’abord au sol puis en vol, seront effectués sur un A380 équipé de réservoirs d’hydrogène liquide. L’objectif des partenaires est de mettre en service des avions à hydrogène d’ici 2035.

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EDF et l’Assemblée nationale s’intéressent à l’agrivoltaïsme

Le « champion » du nucléaire français développe en Nouvelle-Aquitaine un projet agrivoltaïque pilote. Mené en partenariat avec Ampex, l’INRAE, l’Université de Bordeaux, la chambre d’agriculture de Gironde et la fédération régionale des Cuma, la centrale couvrira une vigne de 2 000 m² .

Par ailleurs, une commission de l’Assemblée nationale s’est penchée sur le développement de l’agrivoltaïsme. Les députés demandent à bien encadrer cette technologie. « La production électrique ne doit pas prendre le dessus sur la production agricole » disent-ils. Ils proposent la création d’un observatoire de l’agrivoltaïsme dont l’objectif serait de recenser les projets pouvant réellement être qualifiés d’agrivoltaïques, et de partager les bonnes pratiques.

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Un toit solaire sans subvention en Bretagne

Le 5 mars prochain, la coopérative citoyenne Enercoop inaugurera la centrale solaire située sur l’un des toits de la zone commerciale de Gourvily située à Quimper, dans le Finistère. Depuis septembre, les 475 m² de modules photovoltaïques produisent 90 MWh/an d’énergie renouvelable locale. La centrale est exploitée directement par Enercoop Bretagne et hébergée par le promoteur quimpérois CGPA immobilier. Sa production est entièrement livrée à Enercoop, sans subvention ou tarif d’achat réglementé par L’État. Un modèle libre des mécanismes de soutien public, dans la logique des circuits court et du vrai prix de l’électricité ! Cette démarche est la première en Bretagne.

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En France, la Cour des comptes critique le dispositif du chèque énergie

Le chèque énergie est versé chaque année à plusieurs millions de ménages français, sur le seul critère des revenus. La Cour observe qu’environ 25% des foyers en situation de précarité énergétique ne le reçoivent pas. Inversement, environ la moitié de ceux qui le perçoivent ne remplissent pas des conditions de précarité énergétique. De plus, son montant est trop faible pour lutter efficacement contre cette précarité. Le rapport d’enquête démontre aussi que l’usage du chèque énergie va à l’encontre des objectifs climatiques du pays puisqu’il finance tout type d’énergie, y compris les fossiles. La Cour des comptes engage l’exécutif à clarifier les objectifs de la mesure et à revoir le dispositif.

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L’Ethiopie a commencé à produire de l’électricité avec son grand barrage controversé sur le Nil

Construit dans la vallée du Nil Bleu, à une trentaine de kilomètres de la frontière soudanaise, le « Grand barrage de la Renaissance » est long de 1,8 kilomètre et haut de 145 mètres. Avec une capacité de 5.000 MW (5 GW), il s’agit d’une des plus puissantes centrales hydroélectriques d’Afrique. Son coût est estime à 3,7 milliards d’euros. Lancé en 2011, ce projet provoque le courroux de l’Egypte et du Soudan, deux pays situés en aval du fleuve et dépendant de lui pour leur approvisionnement en eau. Le Caire évoque un « droit historique » sur le Nil, garanti par un traité signé en 1929 avec le Soudan, qui accorde notamment un droit de veto à l’Egypte sur tout projet de construction sur le fleuve. Malgré l’opposition du Caire et de Khartoum, l’Ethiopie qui ne se sent pas liée par cet accord a entamé le remplissage du lac de retenue au cours de l’été dernier. Cette semaine, la centrale a commencé à produire ses premiers kilowattheures.

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