La commune de Saint-Joachim, en Loire-Atlantique, compte couvrir les ¾ de la surface de son cimetière par 5375 panneaux photovoltaïques. Une première en France. Outre la production d’électricité au bénéfice des habitants, le projet permettra de résoudre des soucis d’approvisionnement en eau et répondre aux réclamations des familles.

Le maire de Saint-Joachim, Raphaël Salaün, explique que les tombes sont installées sur une zone de marais, remblayée à la fin des années 60. Chaque hiver, la pluviosité provoque des remontées d’eau par capillarité, ce qui engendre de plus en plus de réclamations des familles. « En couvrant une partie du cimetière par 8600 m2 d’ombrières photovoltaïques semi-transparentes et en récupérant l’eau de pluie dans un réservoir, le souci devrait être résolu », espère-t-il.

En outre, cette réserve d’eau pourra résoudre un autre problème : celui de l’arrosage du terrain de football pendant la saison estivale. L’opération nécessite 3000 m3 d’eau mais entrait en conflit avec les arrêtés préfectoraux qui restreignent l’arrosage pendant les périodes de sécheresse, lesquelles sont de plus en plus fréquentes avec les changements climatiques.

Les ombrières photovoltaïques seront constituées de 5375 panneaux et reposeront sur des structures en bois posées sur des « technopieux ».  Il ne sera donc pas nécessaire de creuser des tranchées pour les fondations. Le budget du projet s’élève à 4,7 millions d’euros (HT), mais il sera subsidié par l’Etat, la Région, le département et la CARENE de Saint-Nazaire.

Autoconsommation et participation citoyenne

L’électricité produite par le cimetière pourra être consommée sur tout le territoire de la commune puisque la municipalité a obtenu l’élargissement à 20 km du rayon de la convention d’autoconsommation collective qu’elle avait depuis 2019 avec ENEDIS.

« Les habitants pourront participer au financement du projet et bénéficier d’une partie de l’électricité produite » déclare Raphaël Salaün. Chaque famille disposant d’un compteur Linky pourra en effet acquérir 4 panneaux pour le prix de 1800 € (HT) et consommer leur production d’électricité. Celle-ci devrait varier entre 1500 et 1800 kwh par an et l’économie annuelle sur la facture d’énergie devrait se chiffrer entre 250 et 300€. Cela correspond à un retour sur investissement de 8 ans. Un partenaire bancaire local pourra accorder un crédit aux familles qui le souhaitent. « C’est une manière de lutter contre la précarité énergétique », précise le maire.

Après une consultation de la population, les travaux pourraient démarrer pendant l’été 2022 pour une mise en service de l’installation à la fin de l’année prochaine.