En pleine course pour sa réélection, Xavier Bertrand fait de son opposition à l’éolien un thème de campagne. Le président de la région Hauts-de-France annonce créer une fédération d’associations anti-éoliennes, qui sera financée par de l’argent public.

Xavier Bertrand ne connaît plus la nuance lorsqu’il évoque les éoliennes. Elles sont « un scandale français » selon le président de la région Hauts-de-France et candidat à sa réélection. Une hostilité de longue date devenue thème de campagne dans un contexte de forte poussée du mouvement anti-éolien. Très remonté, l’élu annonce créer une fédération des associations opposées à cette énergie.

Financer des études qui existent déjà

La structure, qui « bénéficiera de financements de la région », aura pour objectif de soutenir ces associations afin « qu’elles engagent des actions en justice […] pour retarder et empêcher les projets » assure Xavier Bertrand. Au risque d’être déçu, l’élu souhaite aussi « financer des études sur la santé pour bien montrer les conséquences de ces éoliennes ».

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Une étude publiée en 2020 par le Centre de recherche technique de Finlande (VTT) a en effet déjà prouvé l’innocuité des infrasons émis par les turbines. Constat partagé par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES), qui affirme ne pas avoir mis en évidence « d’argument scientifique suffisant en faveur de l’existence d’effets sanitaires liés aux expositions au bruit des éoliennes ».

Un argumentaire peu étayé et très démagogique

Le président de région matraque sa rancœur à chacun de ses meetings et interviews, sans que l’on sache vraiment pourquoi. Son argumentaire est en effet assez pauvre, rarement étayé et particulièrement démagogique. « On va avoir des voitures électriques, on va développer tout ça mais avec moins de nucléaire et avec les éoliennes qui ne tournent pas tout le temps ? » s’interroge l’élu, qui souhaite remplacer par des EPR les réacteurs vieillissants de la centrale de Gravelines.

« Ça ça défigure le paysage, ça ça pourrit la vie des riverains, ça ça coûte un fric fou » s’emporte-t-il sur un plateau de télévision. La région des Hauts-de-France, qui est la mieux pourvue en éoliennes dans l’hexagone (4,9 GW installés), bénéficie pourtant de retombées économiques aussi directes qu’indirectes.

Des retombées économiques locales

Outre la création d’emplois, l’installation de parcs éoliens implique le versement de taxes et cotisations aux collectivités locales. Les communes et intercommunalités perçoivent par exemple la CFE (cotisation foncière des entreprises), une partie de la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) et de l’IFER (Imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux. Les départements et régions se partagent quant à elles un certain pourcentage de la CVAE et de l’IFER. La location des terres où sont implantées les éoliennes génère également des revenus aux propriétaires et exploitants locaux, généralement agriculteurs.
« Vous savez tous ceux qui sont pour l’éolienne (sic), […] j’en connais pas un qui a sa maison de campagne au pied d’une éolienne » répète Xavier Bertrand, sans préciser que la loi impose une distance minimale de 500 m entre une turbine et une habitation. Ses critiques bancales polluent le débat sur l’éolien, auquel les « pro »,  les « anti » aussi bien que les riverains concernés peuvent pourtant contribuer avec des arguments pertinents et sourcés.
Rappelons également que selon un sondage réalisé en novembre 2020 par l’institut Harris Interactive, 76% des français ont une perception positive des parcs éoliens

 

Pour apaiser les esprits, voici quelques heures de méditation au pied d’un parc éolien.

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