Plus de 8 000 km séparent les deux îles. Pourtant, la Corse et La Réunion partagent quasiment la même architecture électrique : leurs réseaux sont isolés et trop dépendants des énergies fossiles. Pour aider à leur stabilisation et décarbonation, deux batteries viennent d’y être installées.

En Corse, 72 % de l’électricité provient de centrales fossiles. Un taux à peine plus bas pour La Réunion, qui produit 68 % de son courant à partir du pétrole et du charbon. Si le département d’outre-mer est totalement isolé, l’île de beauté bénéficie d’une interconnexion limitée avec l’Italie et la Sardaigne (150 MW sur les 718 MW installés). L’arrivée de batteries stationnaires va ainsi contribuer à stabiliser les réseaux des deux îles et faciliter l’intégration des énergies renouvelables.

À Prato (Corse), 10 MWh de stockage ont été ajoutés en juin 2021. Le site inauguré par Corsica Sole exploite des Tesla Powerpack, directement connectés au réseau EDF-SEI. L’opérateur a également déployé les batteries californiennes à Saint-Benoît (Réunion), sur une station de 10,72 MWh capable de délivrer 5,02 MW de puissance. Cette dernière a coûté 6,7 millions d’euros et sera mise en service en septembre 2021.

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Le site de Prato en Corse et ses 10 MWh de batteries Tesla Powerpack. / Photo : Corsica Sole

Les deux centrales fourniront un service de « report de charge » à EDF-SEI (la branche d’EDF dédiée aux systèmes énergétiques insulaires). En clair, les batteries seront rechargées durant les heures creuses et déchargées en heures pleines afin de réguler la tension et la fréquence des réseaux. Jusqu’à 3,5 GWh d’électricité sera ainsi stockée et déstockée chaque année en Corse et à La Réunion. Selon Corsica Sole, qui totalise désormais plus de 60 MWh de batteries en France continentale comme insulaire, « l’exploitation d’unités de stockage seules représente une nouvelle étape essentielle pour la transition énergétique ».