AccueilNucléaireJusqu'à 90 milliards d'euros d'intérêts : comment les nouveaux réacteurs nucléaires français vont puiser dans le Livret A

Jusqu'à 90 milliards d'euros d'intérêts : comment les nouveaux réacteurs nucléaires français vont puiser dans le Livret A

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Par Hector PIETRANIPublié le 9 octobre 2026
Illustration : EDF, Wikimedia, modifiée par RE.

Prêt à taux zéro pendant le chantier, fiscalité allégée, risque de taux transféré à l’État : le projet de budget 2027 déroule le tapis rouge aux six premiers EPR2. Reste à savoir combien ça coûtera.

On savait que le Livret A financerait les futurs réacteurs d’EDF. On sait désormais à quelles conditions. Et elles sont généreuses. Le projet de loi de finances pour 2027 crée un programme budgétaire qui, en tout cas, fait la part belle au nouveau nucléaire. Et que l’État paie, à la place d’EDF, une partie des intérêts du prêt que lui accorde la Caisse des dépôts.

Ce prêt, garanti par l’État, couvre 60 % d’un chantier dont le devis dépasse les 70 milliards d’euros. Tant que les réacteurs sont en construction, l’électricien ne verse pas un centime d’intérêts. Une fois qu’ils produisent, le taux passe à 3 %. Fixe, quoi qu’il arrive. Le capital, lui, sera remboursé sur trente-cinq ans.

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Qui paie quand le Livret A augmente comme cela devrait être le cas ?

Pas EDF. Car l’argent prêté a un coût variable : il suit le taux du Livret A, majoré d’un point. L’État joue donc l’amortisseur. Pendant le chantier, il règle tout à la Caisse des dépôts. Ensuite, tout dépend du taux du livret préféré des Français. Si son taux dépasse 2 %, le contribuable complète. S’il passe en dessous, c’est EDF qui reverse la différence à l’État. Un contrat pour différences, finalement.

D’après des simulations de Bercy relevées par Contexte, le total des intérêts irait d’une quarantaine de milliards d’euros dans un scénario de taux bas à près de 90 milliards en cas de gros retard. Du simple au double dans l’étude d’impact du projet de loi des finances.

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Un coup de pouce fiscal présent dans le PLF

La taxe sur les installations nucléaires, sans changement de règle, les EPR2 l’auraient payée plein pot dès leur autorisation, des années avant de produire leur premier kilowattheure. Ils bénéficieront finalement du tarif réduit, celui des installations à l’arrêt, jusqu’à leur mise en service. Les petits réacteurs modulaires et les sites de gestion des déchets en profiteront aussi.

En commission, là où le PLF est discuté actuellement, insoumis et écologistes ont réclamé la suppression pure et simple des deux mesures. Ils dénoncent un transfert des risques vers l’État. À défaut, LFI veut une clause de remboursement si les réacteurs s’avèrent plus rentables que prévu. Le groupe défend aussi, pour le principe, un grand plan pour les énergies renouvelables à la place des EPR2.

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