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Dans les coulisses des hélicoptères de RTE qui installent des lignes électriques et éteignent des feux de forêt

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Par Hugo LARAPublié le 1 octobre 2026
Un hélicoptère Super Puma d'Airtelis, exploité par RTE / Image : RE.

Parmi les nombreuses activités du gestionnaire du réseau de transport d’électricité français RTE, une est peu connue du grand public : l’exploitation d’hélicoptères. L’entreprise publique dispose de 16 appareils, principalement mis au service de l’entretien et de l’installation de lignes haute tension, mais pas seulement. La moitié de la flotte est également mobilisée lors des feux de forêt. RTE nous a ouvert les portes de sa base de maintenance à Avignon.

Plus de 100 000 km de lignes à surveiller et entretenir, de nouvelles à installer et des feux de forêt à contenir : les hélicoptères de RTE sont sur tous les fronts. En 2025, la flotte du gestionnaire du réseau de transport d’électricité a déroulé 330 km de câbles, démonté 579 pylônes et installé 245 autres. L’année suivante, elle a réalisé près de 8000 largages à travers 300 interventions sur des incendies de forêt, en plus de ses opérations sur le réseau électrique.

Parmi les 16 hélicoptères, huit sont des modèles lourds : des Airbus Super Puma H215 et H225. Le reste est composé d’appareils plus légers, des H135, H125, H145 et AS350, toujours de l’avionneur européen. Avec une capacité de levage de 4,5 tonnes, les plus gros hélicoptères peuvent transporter des sections entières de pylônes haute tension, des tourets de plusieurs kilomètres de câbles ou un « bamby bucket », un seau destiné à la lutte contre les feux de forêts d’une capacité de 4000 litres.

Le seul réseau européen à disposer d’une telle base

Si la flotte est répartie sur six bases à travers la France, le cerveau du « service des travaux héliportés » (STH) de RTE se trouve sur le site de l’aéroport d’Avignon (Vaucluse). Dans ces vastes hangars de 11 700 m² inaugurés en 2018, le STH et Airtelis, la filiale de RTE dédiée à certaines opérations héliportées, réalisent toutes les opérations de maintenance. « Nous sommes le seul gestionnaire de réseau de transport d’énergie à disposer d’une telle base en Europe », s’enorgueillit Gilles Odone, le délégué de RTE pour la Méditerranée. Au total, 116 employés sont affectés à ce service.

La base d’Avignon est une petite fourmilière. Pendant qu’un H125 flambant neuf est désossé pour y effectuer les 18 adaptations requises par RTE (ajout de caméras thermiques, d’un LIDAR, modifications informatiques…), un H135 réalise un contrôle technique. Dans le hangar d’à côté, un Super Puma H225 attend sa prochaine mission, alors qu’un H125 équipé d’un LIDAR s’arrache du tarmac pour une mission de surveillance.

Les lignes haute tension cartographiées en 3D par LIDAR

Sur les 6000 heures de vol réalisées en moyenne chaque année par la flotte de RTE, 4000 heures sont dédiées à l’inspection du réseau électrique. Les travaux mobilisent les 2000 heures restantes. Cette année, 500 heures de vol se sont ajoutées pour la lutte contre les incendies. Un chiffre exceptionnel, qui a d’ailleurs perturbé le planning de maintenance des hélicoptères.

Plus de 100 000 km de lignes haute tension sont inspectés tous les ans pour déceler les défauts, dont la foudre est souvent responsable. Un éclair peut ainsi rompre un brin de câble ou endommager un isolateur. L’usure naturelle peut également détendre les câbles, qui risquent de se rapprocher du sol ou d’obstacles. Il faut parfois les raccourcir pour retrouver une garde au sol suffisante. Grâce au LIDAR, les lignes sont scannées en 3D, ce qui permet d’identifier et d’anticiper de nombreux problèmes. RTE affirme que 80 % de son réseau est ainsi cartographié.

Un pipeline d’électrons de 500 mégawatts entre les doigts

La base d’Avignon abrite d’ailleurs tout le matériel nécessaire à la réparation. On y trouve des nacelles héliportées de toutes les tailles, de véritables ateliers de maintenance suspendus dans lesquelles peuvent embarquer plusieurs opérateurs. Certaines nacelles autorisent des travaux sous tension, une technique délicate qu’RTE serait l’un des rares opérateurs de réseau électrique à maîtriser.

À côté, un hangar abrite de nombreux tourets de câbles pour tous les niveaux de tension. Stéphane Duval, le directeur du STH, nous montre fièrement un échantillon de câble en aluminium réparé au moyen d’un « manchon », une gaine métallique fermement sertie, qui maintient deux portions coupées. Le câble, modèle « Aster 570 », qu’il tient entre son pouce et son index, peut transporter jusqu’à 1250 ampères à une tension de 400 000 volts, soit 500 mégawatts (MW). Un sacré pipeline d’électrons entre les doigts.

En soulevant les tourets, les Super Puma peuvent dérouler jusqu’à 25 km de ligne nouvelle chaque jour. Une efficacité optimisée par la présence de camions ravitailleurs, capables de faire le plein des hélicoptères directement sur le chantier, évitant donc de chronophages et coûteux retours à la base.

Une flotte de drones en complément des hélicoptères

Cette armada héliportée est complétée par une myriade de drones de tous gabarits. Du petit DJI Mavic 4T à l’imposant Flycart 30, cette flotte est utilisée pour l’inspection détaillée de pylônes et l’installation de câblettes textiles entre pylônes lors de travaux. 15 000 structures sont ainsi analysées chaque année. Exploités par les 500 téléopérateurs de RTE, les drones permettent un gain de temps et de sécurité, les agents devant autrefois grimper aux pylônes pour effectuer leur surveillance.

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